Une collecte de fonds pour une route sur une réserve a pris fin loin de son but

WINNIPEG – Une collecte de fonds communautaire lancée afin de payer la part d’Ottawa pour une route quatre saisons sur une réserve qui fait l’objet de l’un des avis d’ébullition d’eau les plus longs du Canada a pris fin, sans atteindre son but.

La campagne de financement visait à récolter 10 millions $ mais s’est terminée loin du compte en ayant réussi à obtenir seulement 101 000 $, d’à peine 1000 donateurs. Parce que le but n’a pas été atteint, l’argent ne changera pas de mains.

La collecte visait à recueillir assez d’argent afin de payer la part du gouvernement fédéral pour une route permanente pour la Première Nation de Shoal Lake #40 qui est à cheval entre le Manitoba et l’Ontario.

La nation a été coupée du monde il y a un siècle lorsqu’un canal artificiel a été créé pour construire un système d’aqueduc pour alimenter Winnipeg en eau potable. Le village est alors devenu une île et, ironiquement, fait l’objet d’un avis d’ébullition de l’eau depuis 17 ans. La raison est qu’un barrage dirige l’eau contaminée loin de l’aqueduc mais vers la réserve.

Aucune route ne le relie à la province, sauf en hiver, lorsque l’eau gèle et se transforme en dangereuse route de glace. À chaque année, des gens tombent à travers la glace en tentant de rentrer chez eux. Certains sont morts. Et plus tôt cette année, les habitants ont été encore plus isolés lorsque leur traversier, déclaré non conforme aux exigences par le gouvernement fédéral, a été hors service durant quelques mois.

Rick Harp, qui a organisé la campagne de financement a dit que la bataille pour la Nation Shoal Lake #40 va continuer jusqu’à ce que la réserve obtienne justice.

La campagne a au moins aidé à sensibiliser les gens sur l’origine de l’eau propre de Winnipeg et le prix que paient ceux qui habitent à la source de cette eau, a-t-il dit.

«L’eau est un droit fondamental», a-t-il ajouté.

Le chef Erwin Redsky a déclaré qu’une route permanente voudrait non seulement dire que les gens pourraient rentrer chez eux de façon sécuritaire, mais aussi que les déchets pourraient être enlevés de l’île artificielle et qu’une usine de traitement de l’eau deviendrait alors plus abordable.

Le Manitoba et Winnipeg ont accepté de payer chacun le tiers du coût si Ottawa paie le reste de la route évaluée à 30 millions $. Le Parti libéral et le NPD ont promis de financer la route s’ils sont élus en octobre.

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