Une employée parle des formulaires vierges de remboursement au procès Duffy

OTTAWA – Les libertés que prenaient les employés en remplissant les demandes de remboursement de voyage des sénateurs étaient un fait bien connu, a affirmé la conseillère aux affaires parlementaires du président du Sénat Leo Housakos, lundi.

Loren Cicchini est la deuxième employée d’expérience qui a raconté au procès du sénateur suspendu Mike Duffy que les membres de la Chambre haute signaient souvent à l’avance des formulaires de remboursement vierges.

Duffy a plaidé non coupable aux 31 accusations de fraude, de bris de confiance et de corruption portées contre lui.

Mme Cicchini dit n’avoir jamais remis de tels formulaires pour le compte du sénateur Housakos mais a reconnu l’avoir fait pour l’ancienne sénatrice conservatrice JoAnne Buth pendant une période de 12 mois, et pour le sénateur progressiste-conservateur à la retraite Michael Meighen pendant plus de 20 ans.

Elle n’en a jamais prévenu la Direction des finances du Sénat

La semaine dernière, une ancienne employée de Duffy, Diane Scharf, avait mentionné l’existence de ces formulaires pré-signés, un procédé utilisé pour gagner du temps.

Mme Cicchini a dit qu’elle ne pouvait pas se souvenir du moment exact où elle a été mise au courant de cette procédure. Elle s’est contentée de dire qu’elle faisait l’objet de conversations entre les employés.

«C’est comme une rumeur. On en entend parler. On ne sait pas d’où cela vient, on ne peut se rappeler du moment exact où on en a entendu parler pour la première fois», a-t-elle dit au cours du contre-interrogatoire.

Par ailleurs, Mme Cicchini a contredit le témoignage d’une autre ancienne employée de Duffy, Melanie Mercer. Celle-ci avait affirmé, la semaine dernière, que Mme Cicchini lui avait conseillé d’utiliser des formulaires de remboursement vierges et pré-signés.

La témoin a dit se souvenir d’avoir répondu à de nombreuses questions de Mme Mercer. Toutefois, on ne lui a jamais demandé de lui donner une formation. Elle a aussi affirmé qu’elle ne se rappelait pas d’avoir eu une conversation au sujet de cette pratique.

La cour devrait entendre le témoignage de l’expert-comptable Mark Grenon, mardi.

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