Une étude américaine ajoute aux inquiétudes concernant le triclosane

MONTRÉAL – Les employés du secteur de la santé qui se lavent fréquemment les mains avec un savon antibactérien s’exposent à des niveaux élevés, et potentiellement dangereux, d’un produit chimique qui inquiète déjà la puissante Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, prévient une étude réalisée par des chercheurs californiens.

Le triclosane est un agent antibactérien synthétique qu’on retrouve dans une multitude de produits de consommation courante, comme les savons, les cosmétiques, les crèmes contre l’acné et certaines marques de dentifrices.

La FDA s’intéresse au produit à la lumière de nouvelles études qui démontrent que le triclosane interfère potentiellement avec les hormones, ce qui nuirait entre autres au développement des foetus et des nouveaux-nés.

Des chercheurs de l’Université de la Californie à San Francisco ont analysé des échantillons d’urine fournis par 38 médecins et infirmières, dont 75 pour cent de femmes, travaillant dans deux hôpitaux. Le premier établissement utilisait un savon antibactérien contenant 0,3 pour cent de triclosane, tandis que le second n’utilisait que de l’eau et du savon.

Les employés du premier établissement présentaient des concentrations de triclosane plus élevées dans leur urine que ceux du deuxième hôpital. Les participants qui utilisaient un dentifrice contenant du triclosane avaient eux aussi des niveaux plus élevés de la substance, mais les savons antibactériens demeuraient les principaux responsables de la situation.

Un des auteurs de l’étude, le docteur Paul Blanc, recommande de faire preuve de précaution en utilisant un savon sans triclosane, lorsque cela est possible.

Les conclusions de la nouvelle étude sont publiées dans les pages du Journal of Occupational and Environmental Medicine.