Une longue campagne électorale serait bénéfique, selon Denis Lebel

QUÉBEC – Le ministre conservateur Denis Lebel voit d’un bon oeil la perspective d’une longue campagne électorale fédérale.

Le ministre de l’Infrastructure était de passage à Québec, lundi, pour annoncer la prolongation d’une entente Canada-Québec sur le logement social avec à la clé un investissement conjoint de 577 millions $ sur cinq ans.

Une «bonne nouvelle» qui s’ajoutera à «plusieurs beaux projets» à être dévoilés «dans les prochaines semaines», a promis M. Lebel aux côtés du ministre québécois des Affaires municipales, Pierre Moreau.

Quoi qu’il en soit, le ministre Lebel a soutenu que l’annonce n’avait «rien à voir» avec l’échéancier électoral automnal.

«Voyez-y ce que vous voulez mais pour nous, c’est le résultat de travail de longue haleine et on a plusieurs beaux projets à annoncer dans les prochaines semaines», a-t-il dit.

Électoralisme ou non, le ministre Moreau a salué la reconduction de l’Entente concernant l’investissement dans le logement abordable (IDLA) pour la période du mois d’avril 2014 au 31 mars 2019.

«Ce n’est pas une question d’électoralisme, a senti le besoin préciser M. Moreau au nom de son collègue fédéral. C’est une question de dire: voici les besoins, voici un gouvernement qui est prêt à signer une entente, et il y a un intérêt direct pour le Québec. Alors je suis heureux d’être ici aujourd’hui».

Ces jours-ci, les conservateurs au pouvoir depuis 2006 à Ottawa multiplient les annonces et les offensives de visibilité partout au pays, laissant planer le scénario d’une campagne échelonnée sur plusieurs semaines, possiblement à compter du mois d’août.

En point de presse, M. Lebel n’a pas écarté la possibilité d’un déclenchement hâtif de la campagne fédérale afin d’éviter les écueils du précédent périple électoral en 2011.

«La dernière campagne électorale fédérale au Québec nous a peut-être pas laissé le temps de tout dire ce que M. Layton avait à offrir», a-t-il souligné au sujet de la montée fulgurante du Nouveau Parti démocratique (NPD) dirigé par feu Jack Layton dans le dernier droit de la campagne de 2011.

Le Parti conservateur veut cette fois s’assurer de «porter le message» pour éviter que ses adversaires puissent «dire une chose au Québec et le contraire ailleurs dans le pays».

«Si la campagne est plus longue, ça va nous laisser davantage de temps pour parler de ce que les autres partis ont à offrir», a-t-il soulevé.

Lorsque un reporter lui a demandé si une campagne prolongée serait «bénéfique» pour les électeurs, M. Lebel a répondu: «moi, je pense que oui».

Le scrutin fédéral — à date fixe — aura lieu le 19 octobre. En vertu de la loi, la campagne doit avoir une durée minimale de 36 jours mais il n’y a pas de limite de temps maximal.

Candidat dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent, à Québec, l’ex-député caquiste Gérard Deltell était présent à l’annonce parmi les quelques dizaines d’invités réunis dans une résidence pour personnes âgées de Charlesbourg.

Pour M. Deltell, la question de la date du déclenchement de la campagne électorale revêt peu d’importance.

«Les élections auront lieu le 19 octobre. D’aucuns estiment qu’on est déjà en campagne électorale depuis des semaines et des semaines. Remarquez, en politique, on est un peu toujours en campagne électorale», a dit M. Deltell.

«Le premier ministre a l’autorité pour déclencher (les élections) quand il sent que c’est le meilleur (moment) pour les contribuables québécois et canadiens. Laissons le premier ministre choisir», a-t-il ajouté.

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