Troisième jour de la chasse à l’homme des meurtriers américains

DANNEMORA, États-Unis – À la troisième journée d’une chasse à l’homme pour retrouver deux meurtriers qui se sont évadés d’une prison à sécurité maximale de l’État de New York, près de la frontière canadienne, les enquêteurs tentent de déterminer si des employés civils ou des entrepreneurs du privé auraient aidé les deux hommes à obtenir les puissants outils qui leur ont permis de prendre la fuite.

Des policiers étaient aux postes de contrôle près du Centre correctionnel Clinton à Dannemora pour questionner les chauffeurs et fouiller les coffres de leurs voitures — même si les autorités croient que David Sweat et Richard Matt pourraient se trouver plus loin, au Canada. Le pénitencier se trouve à 32 kilomètres de la frontière canadienne, près du Québec.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a été informée de la nouvelle, mais rien ne lui permet de croire pour l’instant que les meurtriers se trouveraient en sol canadien. Le sergent Harold Pfleiderer a affirmé que la GRC travaillait étroitement avec les forces de l’ordre du Canada et des États-Unis pour partager de l’information.

La Sûreté du Québec a indiqué ne pas participer à la chasse à l’homme pour l’instant, mais se dit prête à intervenir si la GRC demande de l’aide. De son côté, la Police provinciale de l’Ontario a dit être à l’affût de tout indice, bien qu’elle ne soit pas impliquée formellement dans les démarches des autorités canadiennes et américaines.

L’Agence des services frontaliers du Canada a transmis au cours de la fin de semaine un «avis de surveillance» au sujet de l’évasion à ses agents et a souligné qu’elle poursuivait lundi sa vigilance habituelle.

Surnommé «La petite Sibérie» par les résidents, le pénitencier accueille environ 3000 détenus qui sont surveillés par 1400 gardes. La prison est entourée de terres agricoles et de forêts, et elle se trouve à environ 45 minutes en voiture de Montréal.

Le gouverneur de l’État de New York Andrew Cuomo a affirmé plus tôt, lundi, qu’il serait «stupéfait» d’apprendre qu’un gardien de prison a été impliqué dans l’évasion du Centre correctionnel Clinton à Dannemora. Il s’est aussi demandé comment les deux évadés avaient pu travailler sans être entendus.

Selon les autorités, les deux meurtriers ont utilisé de puissants outils électriques pour percer des ouvertures dans des murs et de gros tuyaux d’acier afin de s’enfuir. Leur disparition a été constatée lors du réveil, samedi matin.

David Sweat, 34 ans, purgeait une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle pour avoir tué un shérif adjoint en 2002. Richard Matt, 48 ans, a été condamné à au moins 25 ans de prison pour avoir enlevé, tué et démembré son ancien patron en 1997.

Les autorités enquêtent pour comprendre comment les détenus ont obtenu les outils pour réaliser cette évasion digne du film «The Shawshank Redemption» («À l’ombre de Shawshank»). M. Cuomo avait déclaré dimanche qu’il s’agissait d’un «plan sophistiqué».

Le pénitencier vieux de 150 ans faisait l’objet de rénovations importantes au moment de l’évasion.

M. Cuomo a offert une récompense de 100 000 $ US pour toute information menant à la capture des deux hommes. Des centaines de membres des forces de l’ordre appuyés par des chiens et des hélicoptères traquent les deux tueurs.

Les responsables ont expliqué que les deux hommes avaient découpé le mur d’acier à l’arrière de leurs cellules, rampé le long d’une passerelle, défoncé un mur de briques et coupé le cadenas et la chaîne d’une plaque d’égout à l’extérieur de la prison. Ils ont aussi dû découper une ouverture pour entrer dans un tuyau de vapeur, puis une autre pour en sortir.

L’évasion des deux meurtriers a été signalée samedi. Leurs deux cellules contiguës étaient vides au moment de la ronde d’inspection matinale; ils avaient rempli leurs lits de vêtements pour faire croire qu’ils dormaient. Les fugitifs ont laissé derrière eux une note pour les agents correctionnels qui disait: «Bonne journée!».

«Ce sont des tueurs. Ce sont des meurtriers», a dit le gouverneur. «Ils sont maintenant en cavale et notre priorité est de les arrêter.»

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