Utilisation de la clause dérogatoire par le PQ: les députés fédéraux prudents

OTTAWA – La possibilité de voir un gouvernement péquiste majoritaire avoir recours à la clause dérogatoire pour s’assurer que sa charte de la laïcité ne soit pas invalidée par les tribunaux a semblé susciter le malaise, lundi, à Ottawa, où les députés se sont montrés prudents dans leurs commentaires.

À sa sortie de la période des questions à la Chambre des communes, le ministre du Multiculturalisme, Jason Kenney, qui a déjà affirmé que le gouvernement Harper était prêt à aller devant les tribunaux pour contester le projet du Parti québécois (PQ), a refusé de répondre aux questions des journalistes.

La réponse a été similaire du côté du ministre de la Justice, Peter MacKay. «Non, pas pendant une élection provinciale», s’est-il limité à dire.

Même le député conservateur Peter Goldring, qui avait convoqué la presse la semaine dernière pour réclamer que son gouvernement intervienne dans la campagne électorale, s’est contenté de dire qu’il n’était pas au courant du dossier.

À Ajax, en Ontario, le chef du Parti libéral du Canada (PLQ), Justin Trudeau, a simplement rappelé que les Québécois voulaient une économie plus forte plutôt qu’un référendum.

«Je suis confiant de voir cela le 7 avril», a simplement dit le chef des libéraux fédéraux.

De son côté, la néo-démocrate Françoise Boivin a rappelé que la position de son parti sur la question était déjà connue, sans s’étaler sur la manoeuvre péquiste.

«Je ne veux pas tellement commencer à (…) donner un avis juridique sur la question, a-t-elle dit. Il y a des terrains où tout le monde se situe dans ce dossier-là et depuis le début que je me dis, moi, la question de l’égalité hommes-femmes est déjà couverte par la Charte québécoise des droits.»

Quant au Bloc québécois, son député André Bellavance a rappelé que la clause dérogatoire était un outil à la disposition de tous les gouvernements.

«Ce n’est pas fréquent, mais dès que les partis, ici, aux Communes, ont dit qu’ils avaient l’intention de contester la charte (…) c’est un outil qui peut être utilisé», a-t-il dit.