Vente d’une bande thoracique à une mineure: un magasin d’Ottawa mis à l’amende

La propriétaire d’une boutique érotique d’Ottawa ayant reçu une amende pour avoir vendu une bande de contention thoracique à une personne âgée de moins de 18 ans affirme que cette histoire a permis de lancer une discussion importante au sujet des ressources disponibles pour les jeunes aux prises avec des problèmes d’identité de genre.

Shelley Taylor a raconté que des agents chargés de faire appliquer les règlements municipaux avaient visité son magasin, Venus Envy, lundi à la suite d’une plainte déposée par un parent dont l’enfant avait acheté un bandage destiné à aplatir la poitrine.

Elle a expliqué que la boutique avait écopé d’une amende de 260 $ pour avoir permis à une personne mineure d’entrer dans ses locaux et s’était vite retrouvée au coeur d’une controverse.

Selon Mme Taylor, les politiciens locaux, dont le maire d’Ottawa, Jim Watson, ont rapidement dénoncé l’amende, disant que le règlement était désuet à une époque où les jouets et la littérature érotiques étaient facilement accessibles en ligne ou ailleurs.

L’amende a été annulée, mais pour Shelley Taylor, ce n’était pas l’enjeu principal de cette affaire.

Elle a fait valoir qu’il était bien plus important de parler du manque de ressources pour les jeunes qui ne se retrouvent pas dans les définitions habituelles des genres.

«Évidemment, nous avons été très attristés par l’histoire de cette personne, mais aussi en raison de ce que cela signifiait en matière d’accès pour beaucoup d’autres jeunes qui pourraient ne pas avoir le soutien de leurs parents», a déclaré Mme Taylor en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

«J’ai eu l’impression que cela constituerait un problème pour pas mal de gens.»

Shelley Taylor a assuré que Venus Envy véhiculait une image positive de la sexualité en proposant autant des dépliants sur la santé sexuelle et des livres pour enfants mettant en scène des familles homoparentales que des jouets érotiques.

Elle a reconnu que de la marchandise similaire était aussi en vente dans d’autres boutiques érotiques, mais que son magasin offrait quelques objets à l’intention d’une clientèle plus particulière. La bande de contention thoracique, par exemple, fait partie de ces items qui ne se retrouvent pas partout.

La conseillère municipale Catherine McKenney, qui représente le quartier où est situé Venus Envy, a critiqué l’amende et réclamé l’abolition du règlement en cause, le qualifiant de dépassé.

Mme McKenney, qui bénéficie de l’appui du maire Watson, a révélé que le règlement serait mis à l’examen et elle a dit espérer qu’il serait abrogé d’ici le début de 2016.

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