Vétérans: la fermeture des 8 bureaux haussera la charge de travail des employés

OTTAWA – La fermeture récente de huit bureaux du ministère des Anciens Combattants a déclenché une guerre de mots entre les ex-soldats et le gouvernement Harper concernant l’accès aux prestations et à d’autres services.

Les vétérans et leurs partisans soutiennent qu’ils auront plus de difficulté à obtenir l’aide dont ils ont besoin.

Les conservateurs affirment pour leur part que transférer davantage de services en ligne et aux centres de Service Canada les rendront en fait beaucoup plus accessibles. Ils évoquent aussi les changements démographiques, les anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale et de la guerre de Corée étant de moins en moins nombreux.

«Quand un petit nombre de bureaux de services aux anciens combattants font du travail en double et ne s’occupent que d’un très petit nombre de cas, il est beaucoup plus logique, même si cela peut déplaire aux syndicats, de compter sur un réseau de 600 points de services», déclarait le premier ministre Stephen Harper la semaine dernière.

Chacune des huit villes qui ont perdu leur bureau de services aux vétérans pourra compter sur la présence d’un agent spécialisé dans les questions relatives aux anciens combattants au centre de Service Canada le plus près. Le reste des quelque 600 centres de Service Canada à travers le pays n’auront pas droit à un tel agent, mais pourront fournir une aide de base aux ex-soldats et à leurs proches.

Les «600 points de services» pour les vétérans auxquels les conservateurs font référence comprennent les centres de Service Canada et les bureaux de services aux anciens combattants toujours ouverts, les cliniques pour les blessures de stress opérationnel ainsi que les centres intégrés de soutien au personnel. Sur le lot, les 584 centres de Service Canada représentent la majorité des 652 points de services.

Selon les vétérans et leurs alliés, le personnel de Service Canada n’a pas reçu la formation adéquate pour gérer les dossiers des ex-soldats, qui peuvent être très complexes.

De son côté, l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) a déploré le fait que tous les employés des huit bureaux fermés ne puissent pas être mutés ailleurs.

«Le personnel de Service Canada n’a qu’une formation sommaire sur les services et programmes relatifs aux anciens combattants. Par conséquent, l’aide qu’il peut apporter se limite à répondre à des questions d’ordre général et au traitement des formulaires, a indiqué le syndicat dans un communiqué. Il n’a pas l’expertise ou le temps de s’asseoir avec les vétérans afin de les aider à remplir les demandes de prestations et de services, et de vérifier si elles sont bien complétées.»

Les chiffres fournis par l’AFPC montrent que certains bureaux de services aux anciens combattants hériteront d’un nombre important de dossiers. La plupart ne pourront pas compter sur des employés supplémentaires pour faire face à cette nouvelle charge de travail.

Le ministre des Anciens Combattants, Julian Fantino, a accusé les dirigeants du syndicat d’induire les vétérans en erreur. «Ils ont propagé beaucoup d’informations déformées ou carrément fausses qui ont clairement semé la panique chez les anciens combattants, a soutenu M. Fantino en entrevue à la station de radio torontoise Newstalk 1010. Moi aussi, je paniquerais si j’entendais certains des mensonges qu’ils ont proférés.»

Le bureau du ministre a souligné qu’il y avait une différence entre le nombre de dossiers confiés à un point de services et le nombre de ces dossiers qui sont actifs. Certains exigent peu ou pas de travail, alors que d’autres nécessitent plus de temps.

Il a toutefois reconnu que la charge de travail des gestionnaires augmenterait légèrement. Avant les fermetures, le porte-parole de Julian Fantino, Joshua Zanin, avait précisé que le nombre de cas par gestionnaire passerait de 31 à environ 34,5 une fois les huit bureaux abolis.

Une motion présentée par le Nouveau Parti démocratique demandant au gouvernement de ne pas fermer les bureaux a été défaite, lundi, à la Chambre des communes.