Viande: un conflit commercial Canada/États-Unis sur le point d’être résolu

WASHINGTON – Un conflit commercial qui se profilait à l’horizon des relations entre le Canada et les États-Unis semblait être sur le point de se résoudre, mercredi, mais Ottawa brandit toujours les menaces de représailles si son voisin du Sud ne reculait pas entièrement quant à sa politique sur l’étiquetage d’origine obligatoire de la viande.

Deux ministres canadiens ont refusé de retirer formellement leurs menaces, même lorsqu’il a été révélé que le Congrès américain avait préparé un texte législatif qui, s’il est adopté, abrogerait l’exigence d’étiquetage du pays d’origine du boeuf et du porc commercialisés aux États-Unis.

Le texte a fait l’objet de longues négociations entre démocrates et républicains après que le Canada et le Mexique eurent eu gain de cause dans ce dossier devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La ministre du Commerce international Chrystia Freeland a affirmé qu’elle avait eu de bonnes discussions avec son homologue mexicain, mercredi, à Nairobi, au Kenya, où ils participent à une rencontre ministérielle des pays membres de l’OMC.

Le Canada et le Mexique vont de l’avant pour obtenir l’autorisation de l’OMC sur l’imposition de mesures de rétorsion, et cela pourrait être officialisé aussi tôt que vendredi, lors d’une rencontre.

Mme Freeland a affirmé qu’ils s’étaient mis d’accord pour «travailler ensemble sur cet enjeu», qui comprend les mesures de rétorsion. Elle incite fortement le Sénat américain à «abroger la COOL (surnom de la politique d’étiquetage)».

La ministre Freeland et son collègue de l’Agriculture, Lawrence MacAulay, ont dit aux journalistes lors d’une conférence téléphonique qu’ils étaient «encouragés» par le texte législatif présenté au Congrès. Ils suivront de près le dossier, pour s’assurer que la loi soit approuvée par les deux chambres — le Sénat et la Chambre des représentants.

M. MacAulay a ajouté que le Canada ne reculerait pas tant que la politique d’étiquetage n’était pas formellement abrogée par le Congrès. «C’est le point essentiel avant que quelque chose ne change sur cette question», a-t-il expliqué.

La loi proposée mettrait fin à un conflit de plusieurs années qui a mené à la décision de l’OMC. La proposition des Américains lèverait l’imposition d’un étiquetage d’origine obligatoire pour le boeuf et le porc, mais pas pour le poulet.

Le Canada et le Mexique ont d’ailleurs fait savoir qu’à défaut de mise en application de la décision de l’OMC, des tarifs douaniers d’environ 1 milliard $ seraient imposés à une multitude de produits américains exportés chez eux, dont le vin et les jus de fruits surgelés.

Les élus américains devaient se saisir de la question mercredi dans le cadre d’un débat sur une loi omnibus imposante — comptant plus de 2009 pages — qui comporte seulement deux pages sur l’étiquetage de la viande. Le vote pourrait avoir lieu plus tard cette semaine ou au début de la semaine prochaine.

L’ambassadeur du Canada aux États-Unis, Gary Doer, est satisfait de l’initiative du Congrès mais il ne la saluera que lorsqu’elle aura été adoptée par les deux chambres du Congrès et signée par le président des États-Unis.

«Nous ne prendrons pas une bière pour célébrer — une bière canadienne pour célébrer — avant que le président ne signe la loi», a-t-il illustré.

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