Vincent Godin se prépare à nager de la Nouvelle-Écosse aux Îles-de-la-Madeleine

MONTRÉAL – Un jeune homme de 19 ans de Trois-Rivières croit pouvoir réaliser en début de semaine prochaine son défi de nager de la Nouvelle-Écosse jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine, un périple de 86 kilomètres qu’il espère compléter en 40 heures de nage continue.

Vincent Godin, qui est atteint de dysphasie, un trouble du langage, cherche ainsi à donner de la visibilité à cette cause et sensibiliser le grand public au besoin de soutenir ceux qui font des recherches et qui offrent du soutien aux dysphasiques.

«J’ai le goût de porter l’image de cette cause, de sensibiliser le public face à des gens qui sont souvent sous le radar dans la vie, qui n’ont pas la chance de faire connaître leurs difficultés», a expliqué mardi le nageur en entrevue avec La Presse Canadienne.

Le jeune homme s’est fixé comme objectif de faire la traversée entre le 25 juillet et le 7 août et il lui faudra au moins deux journées consécutives de beau temps, une fenêtre qui semble en voie d’être ouverte en début de semaine prochaine.

La priorité est d’obtenir des journées où il n’y a pas trop de vent.

«Les vents peuvent causer des problèmes. Une journée trop venteuse va entraîner des courants de surface qui pourraient me ralentir ou me faire dévier de ma trajectoire», a-t-il expliqué.

Vincent Godin sera accompagné d’une équipe en bateau qui comprend une urgentologue. De plus, des caméras sous-marines seront placées autour de lui pour surveiller les environs car le périple n’est pas sans risque.

«Les risques sont calculés: les mammifères marins, les risques pour ma santé comme l’épuisement, la fatigue mais aussi les bancs de méduses qui sont très présents à cette période-ci de l’année. C’est un obstacle qui pourrait être majeur», a-t-il dit.

Et, au-delà de ces problèmes évidents, il y a le facteur psychologique, comme l’a averti une autre aventurière des mers québécoise, Mylène Paquette, qui a mis 129 jours à traverser l’Atlantique à la rame en 2013.

«Mylène Paquette m’a beaucoup inspiré et c’est elle qui m’a dit: Vincent, ça se passe entre les deux oreilles. L’attitude, c’est important de l’avoir dès le début, quand tu sautes à l’eau. Il faut prendre ça kilomètre par kilomètre, étape par étape», a raconté le jeune homme.

Vincent Godin prévoit prendre une pause à tous les kilomètres ou deux, mais sans sortir de l’eau. Il aura une planche d’un mètre pour s’accrocher et aussi pour se nourrir et refaire le plein d’énergie durant un périple qui devrait le mettre à rude épreuve.

«C’est sûr que je m’attends à des moments plus difficiles. Je suis pleinement conscient que je vais nager durant la nuit, et ça risque d’être un peu plus difficile dans l’obscurité malgré l’éclairage du bateau.»

Toutefois, bien qu’il sera suivi et surveillé de près, il n’est pas question pour lui d’avoir un filin de sécurité.

«Je ne vais pas être attaché. Le plaisir de nager, c’est de réaliser un défi en entier», s’exclame-t-il, comme si l’idée était anathème.

Malgré son jeune âge, Vincent Godin n’en est pas à sa première grande nage; il y a deux ans, il a nagé de Montréal à Trois-Rivières par le fleuve Saint-Laurent. Il s’agit toutefois de sa première expérience de nage de longue distance en haute mer.

Le jeune homme et son équipe doivent quitter Chéticamp, sur l’île du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse, et rallier l’île du Havre-Aubert, une distance qui dépasse de 25 kilomètres la traversée de la Manche, entre l’Angleterre et la France.

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