Québec crée un observatoire de recherche sur la santé mentale des étudiants

MONTRÉAL — Quand on carbure à la performance et qu’il faut réussir à tout prix malgré la pression des travaux et des examens, sa santé mentale peut en souffrir. Afin d’avoir un portrait plus clair de l’état mental des cégépiens et des universitaires, Québec lance un nouvel observatoire.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, a annoncé mardi matin à l’Université de Sherbrooke la création de l’Observatoire sur le bien-être et la santé mentale étudiante en enseignement supérieur.

Pour ce faire, Québec investit 2,8 millions $ sur cinq ans. Le projet de recherche sera codirigé par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke et du Cégep de Jonquière.

Les travaux de l’observatoire seront menés par Julie Lane, professeure agrégée à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, et Benjamin Gallais, chercheur au Centre d’Étude des COnditions de vie et des BESoins de la population (ÉCOBES) du Cégep de Jonquière.

Ce projet vise à «documenter l’état de santé mentale de la population étudiante actuelle du Québec», précise-t-on dans le communiqué accompagnant l’annonce.

Les objectifs de l’observatoire sont la vigie et la veille, la recherche et le développement des connaissances, la formation adaptée et la mobilisation des connaissances.

Par ailleurs, l’observatoire aura le mandat de mener une enquête nationale sur la santé mentale étudiante afin d’évaluer son évolution dans le temps.

Selon Benjamin Gallais, plus de 160 personnes collaborent déjà à l’observatoire au Québec, au Canada et à l’international. Six collèges québécois sont actuellement membres de l’observatoire.

Prenant la parole au nom de la professeure Lane, qui se trouvait à l’extérieur du pays, le coordonnateur de projet Félix Guay-Dufour a ajouté que la structure sera composée de «chercheurs, de praticiens, mais aussi d’un grand nombre de personnes étudiantes».

Celles-ci «auront des rôles importants à jouer», a-t-il insisté, à la fois dans la gouvernance et dans la réussite des activités de recherche afin qu’elles soient «bien ancrées dans les besoins réels des étudiants».

En conférence de presse à l’Université de Sherbrooke, la ministre a reconnu qu’un meilleur soutien en santé mentale aurait aussi un effet bénéfique sur la diplomation.

Qu’on parle de troubles anxieux, de dépression ou d’autres problèmes «ça vient freiner un peu le parcours académique, c’est inévitable», a concédé la ministre.

«C’est clair que si on est capable d’intervenir et d’aider ces jeunes-là, ça va aider à la persévérance, ça va aider à la réussite. Ça va nous permettre de les diplômer et de nous assurer qu’ils puissent terminer leur parcours académique», a-t-elle enchaîné.

Dans un témoignage livré par vidéo, le scientifique en chef du Québec Rémi Quirion a dit rêver du jour où l’on pourra parler librement de sa maladie mentale comme on peut le faire d’une maladie cardiaque ou même d’un cancer.

«Bien souvent, les personnes qui souffrent de maladies cardiaques ou du cancer ont l’appui des proches, des amis, des collègues. Trop souvent encore, avec les maladies mentales, on a peur d’en parler. On a peur d’être stigmatisé.»

La création de l’observatoire s’inscrit dans le cadre du Plan d’action sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (PASME) 2021-2026.

La ministre Pascale Déry a révélé que le plan d’action produit déjà des résultats puisque 10 179 étudiants de plus ont pu bénéficier de services en santé mentale, ce qui représente une hausse de 23 %. 

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