Les employés de soutien de l’Université Laval débraient quelques heures

QUÉBEC – Des employés de soutien de l’Université Laval, à Québec, ont érigé des piquets de grève face à certains accès du campus, jeudi matin.

Ces syndiqués souhaitaient ainsi envoyer un signal fort à l’administration de l’établissement d’enseignement, a indiqué en entrevue Eric-Jan Zubrzycki, conseiller au Syndicat canadien de la fonction publique, auquel est affilié le Syndicat des employés de soutien de l’Université Laval (SEUL).

Le syndicat représente 1922 employés de soutien tels que mécaniciens, menuisiers, secrétaires ou techniciens en informatique et de laboratoire. Leur contrat de travail est échu depuis le 1er avril dernier.

Il s’agissait d’une grève ponctuelle, de 5 h à midi, a précisé le syndicat. À 9 h, le blocus devant les sept entrées était levé et les employés sont retournés au travail à midi. Pour sa part, la direction avait affirmé en matinée que l’université allait demeurer ouverte et poursuivre ses activités. Il était prévu que les membres du personnel enseignant donnent les cours, les examens et toutes les activités pédagogiques.

Le syndicat voulait ainsi dénoncer l’échec des négociations et l’intransigeance de l’université, qui «reste campée dans ses positions radicales». Deux réunions de conciliation ont été tenues cette semaine mais au lieu d’améliorer les choses, la position de l’administration s’est durcie, soutient M. Zubrzycki.

Les négociations achoppent essentiellement sur le régime de retraite et la mobilité du personnel.

Dans le dossier de la restructuration du régime de retraite, le syndicat affirme avoir déjà offert des réductions de l’ordre de 12,3 millions $, alors que l’employeur demande des réductions de 24 millions $, soit le double. «Si le syndicat agréait à ces demandes, cela signifierait qu’aucun syndiqué ne pourrait avoir espoir d’obtenir une rente indexée au moment de la prise de la retraite», a estimé M. Zubrzycki.

La direction soutient de son côté que «le fardeau des déficits des régimes de retraite ne peut être exclusivement porté par les personnes présentement en emploi». Invoquant la Loi 13, adoptée l’an dernier par le gouvernement Couillard, le vice-recteur exécutif et au développement, Éric Bauce, soutient que les retraités doivent aussi faire leur part pour assurer la pérennité des régimes.

Quant à la mobilité du personnel, M. Bauce précise qu’«il n’est pas question, compte tenu des valeurs de l’Université Laval, de déplacer un employé au sein de l’organisation, que ce soit pour de courtes ou de longues durées, sans son accord».

La grève de quelques heures de jeudi matin est «un coup de semonce qu’on a envoyé à l’Université Laval, a indiqué M. Zubrzycki. Mais s’ils ne l’ont pas compris, on va recommencer la semaine prochaine, on va faire autre chose la semaine prochaine», prévient-il, sans dévoiler la nature des actions envisagées.

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