Québec doit en faire plus pour le logement abordable, selon une majorité de Québécois

MONTRÉAL — Une majorité de Québécois reconnaît que trouver en ce moment un logement abordable au Québec est loin d’être facile et que le gouvernement Legault doit en faire plus pour remédier à la situation. C’est du moins ce qui ressort d’un sondage réalisé par la firme Léger et commandé par le Réseau québécois des OSBL d’habitation (RQOH).

Parmi les personnes sondées, 84% disent que l’accès suffisant au logement abordable et sécuritaire pour des clientèles vulnérables est problématique à l’heure actuelle, dont 46% qui jugent la situation très problématique. Cette dernière proportion grimpe à 53% chez les Montréalais, tout comme auprès des ménages avec un revenu annuel de moins de 40 000$.

Les dernières données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) montrent des taux d’inoccupation en dessous du seuil d’équilibre dans presque toutes les villes québécoises, créant ainsi une pénurie de logements locatifs.

Les résultats du sondage révèlent aussi que 82% des répondants estiment que Québec doit en faire un peu (40%), voire beaucoup plus (42%) en matière d’habitations abordables. Parmi les différents paliers gouvernementaux, le provincial est celui qui doit assumer un plus grand leadership dans ce dossier, selon 92% des répondants. Une majorité estime aussi que les municipalités (90%), les OSBL d’habitation (84%), le fédéral (80%) et les propriétaires d’immeubles (73%) ont un rôle important à jouer.

«Avec un tel appui, ce n’est plus un enjeu partisan, les électeurs de tous les partis y adhèrent, y compris ceux de la CAQ. Le premier ministre Legault et la ministre Laforest doivent maintenant prendre acte des résultats du sondage et reconnaître l’existence de la crise du logement, et ce, à l’échelle de la province», fait valoir dans un communiqué le RQOH.

L’organisme réclame au gouvernement de peser sur l’accélérateur pour construire quelque 12 000 logements en attente, en plus d’entreprendre la construction récurrente de 5000 nouveaux logements par année pour régler la crise. Considérant le modèle des OSBL d’habitation comme un modèle efficace, il espère que le gouvernement débloquera un programme pour soutenir le parc de logements sans but lucratif existant.

Par ailleurs, plus de trois quarts des Québécois sondés seraient favorables à un projet de construction d’un nouvel immeuble d’unités de logement social près de chez eux. Pour 69% des réfractaires, ils changent d’opinion lorsqu’il est précisé que les logements sociaux seraient destinés à une clientèle âgée.

La semaine dernière, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a annoncé une bonification de 60 millions $ du Programme de supplément au loyer (PSL), à l’approche du 1er juillet. Elle a également assoupli les critères d’admissibilité afin d’offrir ce supplément à 2500 ménages de plus. À cela s’ajoute une somme de 2 millions de dollars accordée aux municipalités pour qu’elles puissent venir en aide aux ménages en détresse sur leur territoire.

Selon 80% des participants au sondage, la priorité pour l’accès à un logement abordable et sécuritaire devrait aller aux personnes à faible revenu, suivent ensuite les personnes ayant un handicap, une déficience ou une limitation (67%). Les personnes âgées, les familles monoparentales, les personnes vivant de la violence conjugale ainsi que les personnes souffrant d’une problématique de santé mentale ont aussi été identifiées comme des groupes prioritaires par plus de la moitié des répondants.

Le sondage a été réalisé sur le Web auprès de 2000 adultes dans l’ensemble du Québec du 14 au 24 mai. La marge d’erreur maximale est de +/- 2,2% , 19 fois sur 20.

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