Près de 100 000 foyers québécois de plus seront reliés à l’internet haute vitesse

Près de 100 000 foyers québécois verront finalement la connexion au bout du tunnel, alors que Québec et Ottawa annoncent que 80 projets totalisant des investissements de 290 millions $ permettront d’accroître l’accès à l’internet haute vitesse dans les régions du Québec.

Présent à l’annonce, effectuée lundi après-midi à Louiseville, en Mauricie, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a parlé «d’un pas de géant» dans l’offre des services d’internet haute vitesse hors des zones urbaines.

Près de 340 000 foyers québécois sont actuellement très peu ou pas desservis par le service haute vitesse. «Aujourd’hui, on prend une grosse bouchée, on en prend 100 000», a illustré M. Couillard.

Il a de plus assuré que les abonnements seront offerts à un prix comparable à ceux disponibles en milieu urbain.

Les 80 projets retenus dans le cadre du programme provincial Québec branché et de l’initiative fédérale Brancher pour innover sont répartis dans 14 régions.

Le gouvernement du Québec contribue à hauteur de 105 millions $, le gouvernement du Canada verse 87 millions $ pour la réalisation de ces projets et environ 98 millions $ proviennent d’entreprises privées et de donateurs.

Selon M. Couillard, la réalisation de ces projets permettra d’attirer de nouvelles entreprises et des jeunes en région.

En point de presse, il a souligné qu’un jeune entrepreneur des Îles-de-la-Madeleine lui avait signalé, l’an dernier, qu’il était plus rapide pour lui d’envoyer une clé USB par la poste que de transmettre des documents à ses clients par l’entremise du réseau internet.

Grâce à l’enveloppe de 290 millions $ sur cinq ans, les résidants et entrepreneurs de 360 collectivités rurales et éloignées du Québec de plus pourront, d’ici peu, surfer sur internet avec une facilité accrue.

Plusieurs intervenants sondés soutiennent toutefois que le Québec a accumulé un retard important en la matière et qu’il devra prendre des bouchées doubles pour rattraper le temps perdu.

C’est notamment le cas de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Selon un sondage effectué par la FCEI à l’été 2016 auprès de 950 entrepreneurs de toutes les régions du Québec — tant urbaines que rurales — environ 23 pour cent d’entre eux se disent insatisfaits de leur connexion internet.

«De dire qu’en 2017, il y a près du quart des entrepreneurs qui affirment que leur connexion internet ne répond pas aux besoins de leur entreprise… je pense qu’il faut voir ça aujourd’hui comme une infrastructure de base», fait valoir Simon Gaudreault, directeur des affaires économiques à la FCEI.

«Ce sont les derniers kilomètres qui sont les plus coûteux, a justifié M. Couillard pour expliquer pourquoi de si nombreux foyers et entreprises ne sont toujours branchés à l’internet haute vitesse. C’est pour ça qu’on a accumulé du retard pour les régions rurales dans tout le Canada.»

«C’est un pas vraiment important dans la bonne direction», s’est pour sa part réjoui Richard Lehoux, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui presse le gouvernement, depuis des années, d’investir davantage pour connecter les régions à l’autoroute numérique.

«Mais on ne doit surtout pas s’arrêter là», prévient-il.

M. Lehoux rappelle que 240 000 foyers québécois n’auront toujours pas accès à l’internet haute vitesse après la réalisation de ces 80 projets. Et pourtant, le programme Québec branché n’est prévu que pour cette année, signale-t-il.

Incidemment, la FQM réclame un investissement récurrent de 100 millions $ pour les cinq prochaines années de la part du gouvernement du Québec pour que l’ensemble des foyers et entreprises de la province soient desservis.

Même son de cloche de la part de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Son président Alexandre Cusson parle d’un point de départ.

«À partir du moment où on s’y met, il faut s’assurer que le délai entre la décision et l’arrivée de l’argent en région est le plus court possible», insiste-t-il.

Par ailleurs, la FQM rappelle l’importance de «cartographier» le réseau de fibre optique au Québec pour «éviter un développement anarchique sur le territoire».

«Cela évitera que certaines régions soient couvertes par deux ou trois réseaux de fibres et le gouvernement pourra alors concentrer ses efforts dans celles qui en sont présentement dépourvues», note M. Lehoux.

La ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade, était également présente à l’annonce, tout comme la ministre du Tourisme du Québec et ministre responsable de la région de la Mauricie, Julie Boulet, et le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains.

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