Québec finance un programme pour aider les enfants à témoigner devant un tribunal

MONTRÉAL — Grâce à un coup de pouce de Québec, un programme élaboré pour aider les enfants à témoigner devant un tribunal pourra être généralisé à l’ensemble du Québec.

C’est le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) de l’Outaouais qui a élaboré ce programme Enfants témoins et autres personnes vulnérables.

Au cours d’une conférence de presse, mercredi à Montréal, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a annoncé qu’une somme de 2,1 millions $ sera octroyée annuellement à ce programme, afin de l’étendre à toutes les régions du Québec.

La somme octroyée par Québec permettra l’embauche de 23 personnes pour déployer le programme d’aide dans toutes les régions.

Comment ça se déroule

À ses côtés, Kathleen Dufour, directrice générale du CAVAC de l’Outaouais, a expliqué que le programme permettait d’offrir de cinq à sept rencontres à des enfants ou des adolescents qui devront témoigner lors d’un procès, soit au total de 25 à 30 heures.

Mme Dufour a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas de diriger le témoignage des enfants, de faire du «coaching», d’orienter leurs réponses, mais bien de leur expliquer le fonctionnement d’une cour de justice, le rôle de chaque intervenant, comment les questions seront formulées, par exemple. Cela inclut une visite de la salle d’audience et de l’accompagnement lors du passage à la cour.

Les faits en litige ne sont pas même abordés avec l’enfant lors de ces séances, a-t-elle pris soin d’indiquer.

«Le programme pour Enfants témoins des CAVAC vise à rendre le passage devant le tribunal le moins anxiogène possible pour l’enfant, en plus qu’il soit outillé, par la transmission de compétences, pour répondre correctement aux questions qui lui seront formulées par la Cour», a expliqué Mme Dufour..

Le programme inclut un second volet, destiné aux adultes qui ont une déficience intellectuelle, des problèmes cognitifs ou de santé mentale, ou bien destiné aux nouveaux arrivants ou aux témoins qui ne maîtrisent pas bien le français, a précisé le ministre Jolin-Barrette.

Il a présenté ce programme comme «une innovation mondiale des pratiques judiciaires auprès des témoins mineurs».

«Nous sommes persuadés que ce programme permet de faire une avancée majeure pour rendre notre système de justice plus humain et plus accessible», a commenté le ministre de la Justice.

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