Québec fournit des masques à fenêtre transparente aux éducatrices en service de garde

MONTRÉAL — Les tout-petits pourront bientôt voir les sourires de leurs éducatrices et lire sur leurs lèvres lorsqu’elles parlent.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a annoncé jeudi que l’arrivée d’un nouveau fournisseur sur le territoire québécois permettra l’achat massif de masques à fenêtre transparente pour distribuer aux éducatrices en CPE, en garderie et en service de garde en milieu familial.

Cette décision a été prise à la suite de nombreuses recommandations de pédiatres «afin de favoriser le développement des tout-petits», a expliqué le ministre.

«C’est rassurant de savoir que, maintenant, les enfants pourront lire sur les lèvres de leurs éducatrices», a-t-il fait valoir.

Il faudra quelques semaines avant de procéder à l’achat et à la distribution, a averti le ministre Lacombe, notant qu’on aura besoin «de plusieurs centaines de milliers de masques chaque semaine», puisqu’il s’agit de masques jetables, les modèles lavables et réutilisables ne respectant pas les critères de la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail). Selon le ministre, il en faudra de deux à trois par jour par éducatrice.

Les experts en pédiatrie n’ont pas caché leur inquiétude, depuis le début de la pandémie, de voir les enfants exposés à des adultes masqués. Il peut être dommageable, selon eux, de ne pas voir les lèvres de l’éducatrice. Mathieu Lacombe s’est dit particulièrement préoccupé par le fait qu’on lui ait rapporté que des enfants en sont rendus à dessiner des personnes sans bouche.

Manque de places: il faut de nouveaux outils

Le ministre a par ailleurs reconnu que le développement de nouvelles places en services de garde accuse un sérieux retard, alors qu’environ 11 000 places attendues depuis deux ans n’ont toujours pas vu le jour et que quelque 50 000 familles sont en attente d’une place pour leurs enfants.

Mathieu Lacombe estime qu’on en demande trop aux Centres de la petite enfance en leur confiant le développement  de nouvelles places: «On donne tout le développement du réseau à des OSBL (organismes sans but lucratif) qui sont sur le terrain, qui ont beaucoup d’autres chats à fouetter, qui en ont plein leurs bottes notamment avec la COVID (…) Il y a une multitude d’étapes. Il y a des comités consultatifs à travers tout ça et pendant ce temps-là, le gouvernement est imputable des résultats et les parents attendent.»

Le ministre a laissé entendre qu’il devrait trouver une autre voie de développement, les CPE n’ayant pas le temps ou les moyens de franchir le véritable parcours à obstacles qu’on leur impose avant de donner le feu vert.

«Les outils que j’ai devant moi ne me permettent plus d’aller aussi vite que je veux aller, ne me permettent pas d’aller aussi vite que les parents souhaitent qu’on aille», a-t-il reconnu.

M. Lacombe répète que l’argent est disponible pour créer de nouvelles places  et promet de revoir rapidement le système pour débloquer le développement.

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