Québec ignore les élus scolaires et centralise les décisions, dénonce la FCSQ

QUÉBEC — Le gouvernement Legault entreprend d’ambitieuses réformes en éducation tout en tournant le dos aux élus scolaires, dénonce la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), qui souligne l’absurdité de la situation.

Plus la réforme est ambitieuse, plus le gouvernement devrait avoir besoin de l’ensemble des partenaires, a plaidé le président de la FCSQ, Alain Fortier, en conférence de presse à Québec, vendredi. 

«Depuis que le gouvernement est en place, il semble faire fi de son réseau politique scolaire, a-t-il déclaré. Le gouvernement demande notre contribution pour faire aboutir ses projets, mais il refuse de nous écouter pour tenir compte de nos opinions.

«Force est d’admettre que les décisions sont uniformisées et centralisées à Québec», a-t-il ajouté.

Depuis quelques semaines, le gouvernement caquiste s’affaire à mettre en branle plusieurs projets en éducation, y compris une réforme de la taxe scolaire, des changements au temps de récréation et l’implantation de la maternelle à 4 ans partout au Québec.

Il planche au même moment sur son projet de loi pour abolir les élections scolaires et transformer les commissions scolaires en centres de services. 

Alors qu’il multiplie les mandats aux commissions scolaires, il martèle qu’elles sont désuètes.

Les ministres de la Coalition avenir Québec manquent d’écoute, a renchéri M. Fortier, qui, vendredi, a tenu à faire une démonstration de force. Il était accompagné pour l’occasion d’une quinzaine de présidents de commissions scolaires venus de toutes les régions du Québec.

Le ministre des Finances, Éric Girard, n’a d’ailleurs pas daigné rencontrer la FCSQ dans le cadre de ses consultations prébudgétaires, a-t-il illustré.

Le 18 octobre dernier, alors qu’il formait son conseil des ministres, le premier ministre François Legault avait commandé aux ministres de tout faire pour obtenir «l’adhésion du plus grand nombre» afin d’avoir des «résultats».

La «marque de commerce» du gouvernement caquiste sera «la proximité, l’humanité et l’ouverture», avait-il indiqué. 

«Près de 125 groupes ont été entendus par le ministre (des Finances) ou par le ministère lors de ces rencontres (prébudgétaires). De notre côté, malgré des relances multiples, le bureau du ministre nous a dit qu’il n’avait pas le temps dans son horaire pour nous rencontrer, alors que nous sommes imputables et responsables de la réussite des élèves du Québec», a déploré M. Fortier.

Les commissions scolaires gèrent un budget de plus de 10 milliards $. Elles sont responsables d’environ 3300 établissements préscolaires, primaires, secondaires ainsi que des centres de formation professionnelle et de l’éducation des adultes.

La FCSQ demande un réinvestissement en éducation d’au moins 2,6 milliards $. Elle précise que cela ne tient pas compte du financement des priorités du gouvernement: la maternelle à 4 ans, l’heure additionnelle en parascolaire annoncée et la récréation ajoutée obligatoire.

Cela ne tient pas compte non plus du montant de plus de 900 millions $ qui sera retranché du budget de l’éducation par la baisse de la taxe scolaire.

De son côté, l’attaché de presse du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, affirme que la communication est bonne avec les commissions scolaires.

«Nous avons d’ailleurs déjà rencontré la FCSQ et l’ACSAQ et avons eu l’occasion d’échanger avec leurs représentants sur un vaste éventail de sujets, a déclaré Francis Bouchard dans un courriel transmis à La Presse canadienne. Le ministre s’est aussi entretenu avec les présidents et les directions-générales des 72 commissions scolaires cette semaine dans le cadre du dépôt du projet de loi 5.»