Québec lance trois projets-pilotes d’Alerte SILVER pour retracer les aînés disparus

JOLIETTE, Qc — Chose promise, chose due: Québec lance trois projets-pilotes d’alerte SILVER qui vise à retrouver les personnes souffrant d’un trouble neurocognitif majeur qui sont portées disparues et dont la vie est en danger imminent.

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, en a fait l’annonce mardi à Joliette, l’une des trois MRC où auront lieu les projets-pilotes, les deux autres étant celles de la Vallée-de-l’Or, en Abitibi-Témiscamingue, et de Drummond, dans le Centre-du-Québec.

«Ça prend beaucoup d’audace pour mettre sur pied un tel processus pour sauver les vies de nos aînés. Après tout ce qu’on a vécu, il me semble maintenant que nous sommes rendus à dire: les aînés sont importants dans notre société et on va s’en occuper. Si on peut sauver la vie d’un aîné, ça vaut la peine», a fait valoir Mme Blais en conférence de presse.

Ces alertes seront émises seulement sur les téléphones cellulaires – et non à la radio ou à la télévision – dans une zone géographique très localisée, là où la personne est portée disparue. Ces alertes visent particulièrement les personnes âgées atteintes d’alzheimer qui sortent de leur résidence et qui s’égarent.

«Je peux très bien comprendre ce que vivent la famille, le personnel soignant et les personnes proches aidantes lorsqu’ils apprennent qu’une personne qu’ils aiment et dont ils s’occupent perd ses capacités cognitives», a dit la ministre.

En même temps, elle s’est voulue rassurante quant à la fréquence de ces intrusions dans les téléphones cellulaires des citoyens. «Le nombre d’alertes SILVER sera faible. Pour être lancée, l’alerte devra répondre à des critères précis, dont celui exigeant que la disparition est un risque imminent pour la vie de cette personne. Elles se limiteront le plus possible à la zone où le public pourra avantageusement être mis à contribution.»

Les trois projets-pilotes seront mis en œuvre à compter du 5 septembre prochain et se poursuivront jusqu’au 5 septembre 2023, après quoi ils seront soumis à une analyse afin d’évaluer si le concept peut être étendu à travers la province.

«Est-ce que l’alerte SILVER va vraiment venir faire des gains? Est-ce qu’on va sauver des vies? On va le voir dans un an», a de son côté expliqué Melissa Plamondon, directrice générale aux affaires policières au ministère de la Sécurité publique. «On va évaluer ces impacts et les autres impacts que ça pourrait avoir, notamment sur la population, et on fera la balance des avantages et des inconvénients et c’est à partir de ce moment où on va voir si c’est pertinent d’étendre (le programme à l’échelle provinciale), a-t-elle précisé.

Il s’agit d’une première au Canada; deux États américains ont mis en œuvre un système similaire, soit la Californie et l’Arizona. «On m’indiquait que les autres provinces canadiennes vont nous regarder de très près et évaluer le travail qu’on est en train de faire», a confié Mme Blais.

L’acronyme SILVER a été imaginé pour signifier Système d’Information pour Localiser les personnes Vulnérables Égarées et Recherchées.

Il s’agit d’une promesse électorale faite par la Coalition avenir Québec lors de la campagne de 2018, et la ministre Blais n’était pas peu fière d’en faire l’annonce à l’aube de la prochaine campagne en vue de l’élection du 3 octobre prochain.

Selon la Sûreté du Québec, on signale en moyenne 650 disparitions potentielles annuelles de personnes âgées de plus de 70 ans au Québec. «Leurs chances d’être retrouvées dépendent de la rapidité à laquelle la disparition est constatée et signalée à la police», a expliqué la ministre.

C’est la Sûreté du Québec qui évaluera gravité de la situation et la nécessité de déclencher une telle alerte si son enquête initiale ne permet pas de retrouver rapidement une personne disparue.

Les alertes de ce type, que l’on appelle «alertes intrusives», peuvent être déclenchées pour différentes raisons et être localisées ou à grande échelle. Depuis 2015, huit alertes régionales localisées ont été déclenchées, soit cinq alertes AMBER, une alerte d’animal dangereux (le 1er mai dernier, pour un ours polaire à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine en Gaspésie), une alerte de débordement de barrage et une alerte-test à Montréal. À l’échelle du Québec, on en dénombre 19 depuis 2015, soit 10 alertes-test, trois alertes de couvre-feu COVID-19 et sept alertes AMBER.

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