Québec lance une série de mesures pour soutenir la presse écrite

Pour la première fois de leur histoire, les médias écrits du Québec bénéficieront d’un soutien gouvernemental.

La ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, a dévoilé, lundi à Trois-Rivières, le détail des programmes mis en place par le gouvernement du Québec pour soutenir la presse écrite pendant sa phase de transition vers le numérique.

Une enveloppe de 36,4 millions $ sur cinq ans avait été annoncée lors du budget présenté en mars dernier.

De ce montant, 19,2 millions $ iront à un programme d’aide à la transformation numérique de la presse écrite. Les médias écrits devront élaborer leurs propres projets et les déposer d’ici le 15 janvier.

Ces projets devront s’articuler autour de deux volets. Un premier volet visera à documenter les forces et les faiblesses d’un média pour poser un diagnostic d’entreprise et réaliser une étude de positionnement.

Le deuxième volet s’attardera plus spécifiquement à élaborer des projets novateurs en permettant l’éclosion «de nouvelles approches de création et de diffusion de contenus journalistiques».

Cette aide pour réussir la transformation numérique de la presse écrite permettra aux «médias de prendre leur place au sein de nouveaux marchés comportant une foule d’opportunités», a expliqué la ministre Montpetit.

Le financement alloué aux 156 médias communautaires du Québec sera bonifié de 5,2 millions $. Cette aide veillera à «promouvoir l’information de proximité, encourager la pluralité des médias et maintenir une certaine diversité des sources d’information», a mentionné la ministre Montpetit.

Un laboratoire d’innovation dédié aux médias communautaires sera créé grâce à une subvention de 400 000 $ répartie sur deux ans. Cet incubateur aura pour tâche de faire naître de nouvelles initiatives pour adapter le modèle des médias communautaires aux nouvelles réalités du marché.

Enfin, un soutien transitoire de 12 millions $ est alloué aux entreprises de presse écrite pour les délester d’une partie de leurs obligations en matière de recyclage par le biais du programme RecycleMédias.

«Il fera ainsi diminuer la contribution au financement de la collecte sélective exigée des journaux, ce qui libérera des montants pouvant être investis dans leur transformation numérique», a justifié Mme Montpetit.

Ce train de mesures vise à répondre, du moins en partie, aux demandes maintes fois formulées par les médias écrits pour soutenir une industrie en crise au moment où la presse est confrontée à d’importants défis technologiques tout en souffrant d’une baisse de ses revenus publicitaires.

La ministre de la Culture et des Communications a souligné que la mise en place de ces programmes constitue «un premier pas». «Je pense que le fédéral aura son rôle à jouer également», a-t-elle laissé tomber.

Mme Montpetit n’a pas fermé la porte à offrir aux entreprises de presse écrite des crédits d’impôt sur la masse salariale. Elle a indiqué que cette question serait abordée dans le cadre des négociations qui se dérouleront en amont du dépôt du prochain budget.

Par ailleurs, Québec dit s’être assuré que l’indépendance des médias sera protégée. Des normes rigoureuses ont été établies pour garantir que les programmes d’aide seront exempts de toute intervention politique, a insisté Mme Montpetit.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a affirmé lundi à Ottawa qu’elle «respectait beaucoup» l’initiative du gouvernement du Québec.

«Notre approche s’inscrit dans ce que Québec fait, dans la mesure où on veut s’assurer d’aider les médias à passer au travers cette période difficile», a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle allait faire une annonce sur le sujet «dans les prochains mois».

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