Québec: le nombre de transplantations a chuté de 12 pour cent en 2018

MONTRÉAL — Le nombre de transplantations effectuées au Québec a chuté de 12 pour cent en 2018 par rapport à 2017, révèlent des statistiques publiées jeudi par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

L’ICIS fait état de 497 transplantations au Québec l’an dernier, comparativement à 565 l’année précédente et à 559 en 2016.

En comparaison, le nombre de transplantations effectuées a chuté de 5 pour cent au Canada et de 2,6 pour cent en Ontario entre 2017 et 2018. On a procédé à 118 transplantations dans l’Atlantique en 2018, soit près de 25 pour cent de plus qu’en 2017.

Huit cent cinq personnes attendaient une transplantation au Québec en 2018, soit 2,5 pour cent de plus qu’en 2017, mais 4 pour cent de moins qu’en 2016.

La situation à ce chapitre est demeurée stable au Canada. On note toutefois un bond de plus de 7 pour cent en Ontario et un déclin similaire dans l’Atlantique.

«Ce sont des chiffres qui donnent une partie de la réalité», a réagi Louis Beaulieu, le directeur général de Transplant Québec.

D’autres indicateurs, par exemple, démontrent que les hôpitaux identifient et réfèrent de mieux en mieux les donneurs, ajoute-t-il.

«Cette tendance-là ne s’est pas traduite par plus de donneurs et plus de transplantations en 2018, a dit M. Beaulieu. Mais si on regarde l’évolution des chiffres, il y a une tendance à l’augmentation et ça arrive en 2013: depuis 2013, on transplante 100 personnes de plus par année au Québec en moyenne que dans les années précédentes, et ça a un impact positif sur les patients en attente et pour la durée d’attente.»

Les temps d’attente chutent depuis quelques années, précise M. Beaulieu. Le temps d’attente pour une transplantation des poumons ou des reins a ainsi reculé de 60 pour cent et plus au cours des dernières années.

En 2018, selon les chiffres de l’ICIS, 103 patients sont décédés en attendant une greffe au Québec ou ont été retirés de la liste d’attente, soit une amélioration de près de 25 pour cent par rapport à 2017, quand 135 personnes s’étaient retrouvées dans cette situation. Le nombre de décès ou de retraits a chuté de 2 pour cent au Canada, de 6 pour cent en Ontario et de 8 pour cent dans l’Atlantique.

Certains retraits peuvent toutefois être temporaires, par exemple parce que l’état du patient s’est détérioré et qu’on attend qu’il se rétablisse pour être de nouveau admissible à une greffe.

«Ce sont des progrès qui font que oui, la stabilité apparaît au chapitre du nombre de personnes transplantées, mais les personnes qui sont en attente attendent en général moins longtemps, et sont donc greffées plus rapidement, a-t-il dit. Évidemment si les patients attendent moins longtemps sur la liste, pour un bon nombre leur situation se dégrade moins, et ça devrait permettre de réduire le nombre de décès.»

Mais il reste encore beaucoup de travail à faire, et le chemin passe par une meilleure formation des professionnels dans les hôpitaux, une meilleure organisation des services et une meilleure éducation du public, martèle Louis Beaulieu, qui répète l’importance pour ce dernier de bien faire connaître ses intentions, aussi bien en en discutant avec son entourage qu’en les consignant par écrit.

Deux mythes persistent toutefois, selon lui. Certains se croient trop vieux pour faire un don d’organes, alors que le plus vieux donneur au Québec a fait don de son foie à 92 ans. Une femme a quant à elle reçu un foie de 88 ans, avec lequel elle vit depuis 16 ans et grâce auquel elle a eu trois enfants.

D’autres craignent aussi que tout ne soit pas tout d’abord fait pour les sauver s’ils arrivent amochés à l’hôpital, ce qui va évidemment à l’encontre de la mission des médecins.

«On peut sauver jusqu’à huit vies à notre décès et aider plus d’une trentaine de personnes par le don de tissus, donc ça peut faire d’énormes différences au moment où on va quitter cette Terre, a rappelé M. Beaulieu. Et souvent c’est peut-être nous ou quelqu’un près de nous qui aura besoin d’une transplantation, et ça devrait nous amener à réfléchir sur la question sur l’à-propos de donner nos organes pour peut-être nous-mêmes en recevoir au cours de notre vie.»

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