Québec maintient sa demande de sommes additionnelles d’Ottawa en immigration

RIGAUD, Qc — Québec ne lâchera pas le morceau dans ses demandes de compensation à Ottawa pour l’afflux de demandeurs d’asile en 2017.

Jeudi, le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, a laissé entendre que les coffres d’Ottawa étaient désormais fermés à des compensations additionnelles, disant que le gouvernement fédéral «en a déjà fait beaucoup».

Vendredi, à l’issue d’une visite industrielle à Rigaud, en Montérégie, le premier ministre Philippe Couillard a dit avoir l’intention d’insister parce que «cette demande est justifiée».

Québec évalue à 146 millions $ les dépenses additionnelles entraînées par le flot inhabituel de demandeurs d’asile à la frontière américaine en 2017 à la suite des menaces du président Donald Trump d’abroger le Statut de protection temporaire accordé à des citoyens étrangers — en particulier des Haïtiens — entraînant ainsi leur éventuelle expulsion.

Québec en avait fait la demande par le biais d’une lettre des ministres de l’Immigration et des Relations canadiennes, David Heurtel et Jean-Marc Fournier.

Philippe Couillard n’a guère apprécié la réponse du ministre Hussen «par média interposé» et a dit vouloir «s’assurer d’avoir des conversations directes avec le gouvernement fédéral pour bien leur expliquer le pourquoi de cette demande et entendre de leur part des explications plus précises».

Le premier ministre a rappelé que le gouvernement fédéral et Québec ont «une entente unique au Canada sur l’immigration».

En vertu de cette entente, les sommes reçues annuellement du fédéral pour l’immigration comprennent une enveloppe couvrant le nombre moyen de demandeurs d’asile, sur la base de données historiques.

Or, cette moyenne annuelle se situe normalement autour de 3500 demandeurs d’asile, mais le Québec en a accueilli sept fois plus en 2017, soit près de 25 000, ce qui représente la moitié du nombre total reçu dans l’ensemble du pays.

«On est très au-delà du nombre moyen pour l’année en question», a fait valoir le premier ministre, ajoutant qu’«il est possible que l’augmentation va se prolonger également au cours des années» en raison des politiques de Donald Trump face aux étrangers résidant aux États-Unis sans la citoyenneté américaine.