Québec met en branle des actions pour améliorer la couverture ambulancière

BÉCANCOUR — Québec a présenté des actions en vue de «transformer en profondeur» les services préhospitaliers d’urgence (SPU) et offrir une meilleure couverture dans les années à venir. L’une des premières étapes sera la mise sur pied de projets-pilotes de paramédecine communautaire. 

Dans le cadre de ces projets, les techniciens ambulanciers paramédics seront autorisés à intervenir à domicile auprès de patients pour éviter certaines visites à l’urgence. Ils pourront notamment vérifier les signes vitaux, faire des prélèvements ainsi qu’évaluer l’état psychologique. 

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) autorisera également la mise en place de la «paramédecine de régulation» qui, en collaboration avec d’autres professionnels, permettra d’orienter le patient vers le bon soin et le bon professionnel au lieu de l’envoyer systématiquement aux urgences.

«Pour moi, il est important de mieux utiliser nos paramédics avant d’aller à l’hôpital, idéalement éviter l’hôpital, de faire le plus de travail qu’on peut à la maison et même de nous aider quand ils sont à l’hôpital», a affirmé le ministre de la Santé, Christian Dubé, en conférence de presse, mardi à Bécancour. 

Un montant de 25,9 millions $ sera aussi consacré pour convertir ou bonifier 46 horaires de faction dans 11 régions du Québec.

Les horaires de faction imposent aux paramédics de rester disponibles pour le travail 24 heures sur 24, sept jours sur sept, sur une période de 14 jours, pour ensuite avoir un temps de repos de 168 heures consécutives. Plusieurs syndicats réclament une conversion vers un horaire à l’heure. 

De plus, le MSSS indique par communiqué qu’une somme de 2,5 millions $ sera investie pour offrir 17 000 heures de couverture supplémentaire dans les régions permettant des ajouts de ressources ponctuels selon la demande. 

M. Dubé a aussi dévoilé les grandes lignes de la nouvelle politique sur le système préhospitalier d’urgence qui cible trois objectifs. 

Elle vise à améliorer le service à la population, favoriser l’intégration entre les différents services et l’utilisation des ressources de façon optimale, a résumé le ministre caquiste. 

Un plan d’action découlant de cette politique sera présenté dans les prochains mois. 

Un des objectifs de la politique est de mettre en place un ordre professionnel pour les techniciens ambulanciers paramédics. Selon M. Dubé, une telle instance «pourra faire déboucher beaucoup de choses, dont la paramédecine».  

«Je le redis aux paramédics qui sont ici aujourd’hui: je veux vraiment qu’on aille chercher votre ordre professionnel dans les prochains mois. Si les Québécois nous font confiance dans les prochains mois, je pense que ça va être un élément excessivement important», a-t-il soutenu. 

Une coalition d’entreprises de services paramédicaux du Québec demande aussi la création d’un ordre professionnel. Comme les techniciens ambulanciers pourront poser à l’intérieur des hôpitaux des actes qu’ils ne pouvaient auparavant poser que dans leurs véhicules, la coalition craint qu’on cherche éventuellement à les soumettre à l’Ordre des infirmières.

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