Québec recommande le port du masque pour tous dans les lieux publics achalandés

Québec recommande le port du masque pour tous dans les lieux publics achalandés, à l’exception des écoles et des garderies, pour faire face «au trio» de virus respiratoires qui causent un débordement dans les hôpitaux. 

C’est ce qu’a annoncé le ministre de la Santé, Christian Dubé, en point de presse mercredi à Québec. La veille, le premier ministre François Legault avait déclaré qu’il était hors de question de rendre obligatoire le port du masque. 

«On ne voulait pas aller vers une obligation. C’est vraiment une responsabilité citoyenne», a indiqué M. Dubé, accompagné du directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, et du sous-ministre adjoint et coordonnateur de la nouvelle cellule de crise, Daniel Desharnais.

Le cabinet du ministre précise toutefois qu’en raison de la levée de l’état d’urgence sanitaire, il est impossible pour le gouvernement d’adopter un décret pour l’imposer. 

Un «cocktail épicé» risque de s’installer dans les prochaines semaines et prochains mois, a exposé le Dr Boileau. Les ingrédients sont le début de la saison grippale, le virus respiratoire syncytial (VRS), qui touche particulièrement les jeunes enfants, et une progression prévisible de la COVID-19 avec un nouveau variant plus transmissible, le BQ1.1. 

«Notre réseau de la santé est fragile en ce moment, particulièrement avec le trio de virus dont l’effet commence à s’additionner sur nos hôpitaux», a affirmé le ministre Dubé.  

Dans ce contexte, la santé publique a aussi rappelé ses consignes de précaution en cas d’apparition de symptômes respiratoires. Il est recommandé de rester chez soi jusqu’à ce que la fièvre s’arrête, et de porter un masque en présence de symptômes tels que la toux, mal de gorge ou congestion nasale, et ce, jusqu’à leur disparition. Le Dr Boileau a également réitéré l’importance du lavage des mains. 

Quant à savoir quelle est la définition d’un lieu achalandé, le directeur national de santé publique a parlé d’endroits fermés où on est «entouré de gens qu’on ne connaît pas trop (…) la situation immunitaire ou de risqueou s’ils ont été infectés récemment». 

«On va au cinéma, au théâtre, on est entouré d’autres personnes, on porte le masque», a dit le Dr Boileau qui prévoit une saison de la grippe plus virulente à l’instar de ce qui se produit ailleurs dans le monde.

Interpellé sur le choix d’exclure les écoles et les garderies dans cette recommandation, il a expliqué que le port du masque en permanence pose une difficulté chez les enfants et que la décision a été prise à la suite de discussions avec des pédiatres. 

Équipes de fluidité

M. Desharnais a mentionné s’attendre à une recrudescence de l’achalandage dans les urgences, mais les mesures suggérées par la cellule de crise du ministère devraient aider à alléger la pression sur les hôpitaux. 

La stratégie consiste d’une part à détourner les gens qui devraient être vus ailleurs qu’à l’urgence et d’autre part, à s’assurer de faire sortir les patients qui n’ont plus besoin de s’y trouver.

Le ministre Dubé a fait le point sur l’implantation des trois premières mesures de la cellule de crise, formée notamment d’infirmières, de médecins et de responsables du ministère.

Le déploiement des deux cliniques d’infirmières praticiennes spécialisées dans la région de Montréal va bon train, a assuré l’élu caquiste. Une troisième verra aussi le jour en décembre. 

L’initiative «Un appel, un service» pour la clientèle pédiatrique avec la ligne du 811, est présentement disponible dans la métropole, ainsi qu’à Laval et la Montérégie. Elle le sera dans Lanaudière et les Laurentides dans les prochains jours, a indiqué M. Dubé. 

L’approche de Québec pour transférer des patients n’ayant plus besoin de soins à l’urgence ou à l’hôpital vers l’hébergement à la maison donne des résultats. L’initiative implantée à Montréal a permis une réduction de 47% des patients désignés sous l’acronyme «NSA», pour niveau de soins alternatif, depuis septembre, selon le ministre. 

Le gouvernement a aussi recours à cette pratique dans les régions des Laurentides, de Lanaudière et de Laval depuis octobre. 

La cellule de crise s’est récemment penchée sur la manière de réduire la durée moyenne du séjour à l’hôpital. 

En ce sens, le ministre a annoncé la création d’une «équipe de fluidité hospitalière» dans tous les hôpitaux pour assurer un meilleur suivi auprès des patients à leur entrée et sortie de l’hôpital, ainsi que pendant leur séjour. 

«Ces équipes vont avoir un mandat de coordination», a précisé M. Dubé. 

Vaccin contre la grippe: élargir la gratuité?

Le message des autorités a aussi porté sur l’importance de la vaccination, dont celle contre l’influenza chez les groupes plus vulnérables. 

À l’heure actuelle, l’accès gratuit au vaccin contre la grippe est limité aux personnes qui ont plus de risque de présenter des complications, selon un avis du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ). 

Pour recevoir le vaccin, le reste de la population doit débourser quelques dizaines de dollars. 

Talonné sur la possibilité d’élargir la gratuité à d’autres tranches de la population compte tenu du contexte, le ministre de la Santé a répondu que cette éventualité est sur la table, mais que la recommandation doit venir d’abord du CIQ. 

«S’il faut s’ajuster, on va le faire très rapidement», a déclaré M. Dubé. 

L’opposition libérale réclame, quant à elle, la vaccination gratuite pour tous contre l’influenza. «Cela nous apparaît évident que si les gens se font vacciner, il va y avoir moins d’achalandage aux urgences», a souligné en mêlée de presse le député libéral André Fortin, sûr que cette mesure «aurait un impact positif».

Le Québec est la seule province canadienne à ne pas proposer une vaccination universelle gratuite contre la  grippe. 

– Avec la collaboration de Jocelyne Richer

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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