Québec renouvelle mais réduit de 30 M $ son aide remboursable à CAE Santé

MONTRÉAL – Québec renouvelle, mais réduit de 30 millions $ l’aide financière remboursable qu’il accorde à CAE Santé, une filiale du fabricant de simulateurs d’avions CAE.

La ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, a annoncé jeudi le prolongement d’une entente de 100 millions $ qui avait été conclue avec CAE Santé en 2009 en consentant, cette fois, une aide de 70 millions $ pour la recherche et le développement de simulateurs médicaux.

«Le prêt n’a pas été utilisé à sa pleine capacité et on pense que c’est plus réaliste de le ramener à un montant qui nous apparaît plus propice pour étaler plus dans le temps», a déclaré la ministre pour expliquer la réduction.

Quelque 70 chercheurs et ingénieurs sont à l’emploi de CAE Santé, qui fabrique différentes plateformes ultraréalistes de simulation médicale de différente nature.

Ces simulateurs permettent de recréer avec des mannequins et des outils divers toutes sortes de situations et de conditions médicales, tant pour l’intervention que l’imagerie et autres activités médicales destinées à la formation de futurs médecins et au perfectionnement de professionnels déjà en pratique.

«La simulation permet d’exposer les étudiants à des situations extrêmement rares et donc de les préparer à des cas extrêmement rares», a expliqué le président de CAE Santé, le cardiologue Robert Amyot.

Selon le docteur Amyot, certains de ces simulateurs, comme celui destiné à la formation en échographie, ont permis de réduire de jusqu’à 30 pour cent le temps de formation, en permettant de simuler ces conditions rares sans que les médecins en formation ne soient forcés d’attendre qu’elles surviennent en milieu clinique pour les expérimenter de visu.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui assistait à l’annonce, n’a pas caché son admiration face à ces outils auxquels les jeunes médecins ont accès et qui n’existaient pas lorsqu’il était en apprentissage.

«Dans ma génération, on apprenait sur des gens», s’est-il rappelé.

«L’exposition aux situations complexes était aléatoire. On ne pouvait pas provoquer des situations complexes dans la pratique. Je suis d’une génération qui a appris en étant à l’hôpital 24 heures par jour parce qu’il fallait être exposé à l’aléatoire de ces situations.»

«Pour un jeune étudiant en médecine, par exemple, ou même un médecin expérimenté qui veut parfaire ses connaissances, on peut le mettre dans une situation clinique immédiatement, à répétition, autant de fois qu’on veut», a souligné le docteur Barrette.

Dans le cadre de cette entente, CAE Santé, qui compte environ 1000 fournisseurs au Québec, s’engage à maintenir ses activités de recherche et de développement dans la province. Les simulateurs sont toutefois fabriqués à l’extérieur du Québec, principalement à Sarasota en Floride.

CAE Santé dit avoir fourni, jusqu’ici, plus de 10 500 simulateurs et autres appareils à des écoles de médecine et des hôpitaux.