Pénurie de main-d’œuvre: Québec veut former et requalifier 170 000 travailleurs

QUÉBEC — Le gouvernement Legault voit grand: il croit être en mesure de pouvoir combler tous les besoins de main-d’oeuvre des services publics jugés essentiels, soit plusieurs milliers de postes vacants d’infirmières, d’enseignants et d’éducatrices, dans l’année qui vient.

Par contre, les employeurs du secteur privé aux prises avec d’importantes pénuries de personnel devront se montrer patients. Ils pourraient devoir attendre encore plusieurs années avant de pouvoir embaucher les candidats dont ils ont déjà cruellement besoin pour faire fonctionner et prospérer leur entreprise.

Accompagné du ministre de l’Emploi, Jean Boulet, et de la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, le premier ministre François Legault a rendu publique mardi son «Opération main-d’oeuvre», une vaste offensive de formation et de requalification des travailleurs visant à mieux répondre aux besoins du marché du travail des prochaines années.

Québec prévoit investir 2,9 milliards $ d’ici cinq ans pour s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre et former 170 000 travailleurs prêts à occuper des postes dans certains secteurs ciblés. L’essentiel de l’annonce de mardi faisait partie des mesures incluses dans la mise à jour économique présentée jeudi dernier par le ministre des Finances, Eric Girard.

«On doit donner vraiment un grand coup» à court terme, a convenu le premier ministre, conscient qu’il doit tenir compte du vieillissement accéléré de la population du Québec et de son exceptionnelle croissance économique.

Parmi les objectifs du gouvernement se trouve l’intégration de 60 000 personnes qualifiées supplémentaires dans les secteurs publics essentiels, soit ceux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des services de garde à l’enfance.

Dans leur cas, «mon objectif, c’est que ce soit dans l’année qui vient, qu’on soit capable de répondre à tous les besoins», a indiqué M. Legault, qualifiant les incitatifs gouvernementaux de «très forts». 

Le gouvernement a également identifié trois secteurs qu’il juge «stratégiques» pour l’économie du Québec et qui offrent des emplois bien rémunérés, soit les technologies de l’information, le génie et la construction. Québec souhaite ajouter au total 110 000 travailleurs qualifiés dans ces secteurs dans les prochaines années.

Pour eux, la disponibilité additionnelle de main-d’oeuvre va cependant s’étendre sur «un certain nombre d’années», prévoit-il.

Le gouvernement va en fait multiplier les moyens pour atteindre ses objectifs: bourses d’études reliées à certains secteurs d’activité, allocation aux chômeurs intéressés à acquérir une formation, programme travail-études pour les éducatrices en garderie, incitatifs pour ramener les retraités sur le marché de travail, sans risquer de devoir subir une pénalité financière.

Québec est prêt à verser une allocation de 475 $ par semaine aux chômeurs prêts à acquérir une formation dans les secteurs en pénurie. Dès la prochaine rentrée scolaire, les cégépiens qui accepteront d’étudier dans les cinq domaines ciblés auront droit à une bourse de 1500 $ par session et les étudiants universitaires à une bourse de 2500 $ par session durant toute la durée de leur cours. Ce programme de bourses s’ajoute au programme de prêts-bourses déjà existant. 

Le gouvernement misera aussi sur la régionalisation de l’immigration pour répondre aux besoins en matière de main-d’œuvre de toutes les régions du Québec, mais il n’est pas question d’augmenter les seuils d’immigration, a réaffirmé le premier ministre, convaincu que le Québec peut accueillir et intégrer en français environ 50 000 immigrants par année, pas davantage.

Alors que la pénurie de main-d’oeuvre est un problème connu et documenté depuis des années, le premier ministre s’est défendu d’avoir tardé à prendre la mesure du phénomène, en ayant attendu la quatrième année de son mandat pour annoncer son «Opération main-d’oeuvre».

En guise d’explication, il a dit que depuis le début de la pandémie les choses s’étaient «accélérées» et que le problème de rareté s’était aggravé.

M. Legault a aussi observé que les incitatifs financiers ciblés et reliés à certains secteurs d’activité ne faisaient pas partie de «la culture du Québec». «Mais je pense qu’on est rendu là», a-t-il ajouté.

Le Conseil du patronat (CPQ) a réagi en saluant l’effort gouvernemental, mais en soulignant qu’il y a «plusieurs autres domaines tout aussi importants pour l’économie du Québec et ses régions», a fait valoir son président, Karl Blackburn.

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Monsieur, Madame,
Je suis titulaire d’un diplôme en ingénierie agricole obtenu depuis juillet 2015. Depuis l’obtention de ce diplôme, je n’ai jamais travaillé.
Je ne veux pas rater l’opportunité que peut m’offrir ce programme en m’accordant une formation qui me permettra de rentrer dans la vie active.
Je suis Gabonaise, j’ai 33ans, j’ai 3enfants et suis mariée.

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Je souhaite participer à la pénurie de main d’oeuvre ,je suis technicien en électricité (industrielle et bâtiment)une expérience ds le domaine de plus de 7 ans .qu’elle est la procédure pour ne pas rater cette opportunité

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