Québec solidaire demande à ses membres de se prononcer sur une faction du parti

MONTRÉAL — Le torchon brûle entre l’exécutif de Québec solidaire (QS) et son controversé Collectif antiraciste décolonial (CAD), qui a récemment envoyé une mise en demeure à son propre parti en se disant victime de «diffamation».

Une motion de blâme à l’égard du CAD sera proposée au prochain conseil national du parti, étant donné que le groupe accrédité n’a pas «de réelle volonté de collaboration avec le reste du parti», soutient le conseil exécutif du parti.

«C’est une façon de faire de la politique caractérisée par des ultimatums, l’intimidation et les sorties publiques à l’extérieur du parti qui sont contraires aux prises de position formelles du parti, a expliqué en entrevue le député de Laurier-Dorion Andrés Fontecilla et porte-parole du parti en matière de diversité et d’inclusion. Cela fait en sorte de produire un débat toxique à l’intérieur du parti, qui provoque le départ de militants et militantes.»

Dans un document transmis aux associations du parti, l’exécutif de QS incite le conseil national à «exiger que le CAD se conforme dans les plus brefs délais aux statuts du parti et à ses valeurs fondamentales, afin que Québec solidaire demeure un lieu d’implication sain et inclusif pour tous et toutes».

Et si ce n’est pas fait rapidement, l’accréditation du CAD au sein du parti sera remise en question, indique-t-on.

«Il est temps de trancher, d’envoyer un message clair, que le débat politique doit se faire à l’intérieur de certains paramètres de respect, d’éviter le dénigrement, d’éviter les sorties publiques qui vont à l’encontre des positions exprimées par nos porte-parole et le caucus», a indiqué M. Fontecilla.

La Presse Canadienne a tenté de joindre le collectif par courriel, sans succès.

Tensions et mise en demeure

Dans le document, le conseil exécutif détaille «l’historique» des déboires du CAD. 

Dans les derniers mois, le collectif a notamment associé un journaliste de La Presse Canadienne à la «droite extrême» et à la «fachosphère» – ce qui avait été dénoncé par les ténors du parti.

Il a aussi donné son appui au controversé professeur de l’Université d’Ottawa Amir Attaran, et il a carrément envoyé une mise en demeure au parti, évoquant une «campagne de diffamation» contre le groupe.

Par conséquent, l’exécutif souhaiterait que les membres se prononcent au conseil national, qui se déroulera les 15 et 16 mai prochains.

«Nous souhaitons vivement rétablir un climat sain de militance au sein de notre parti, et nous croyons malheureusement que cela passe par une condamnation des agissements du CAD dans les derniers mois», est-il écrit dans le document.

Des débats normaux, dit Fontecilla

Interrogé sur l’unité du parti dans ce contexte, le député Fontecilla affirme que tous les partis traversent de tels débats «rugueux» et «très difficiles».

«Oui, il y a un conflit à l’intérieur de Québec solidaire, a-t-il admis. C’est le temps de trancher cette question-là.»

M. Fontecilla a souligné que la lutte au racisme demeurait une priorité pour son parti, mais selon lui, les décisions du collectif ont pour effet d’éloigner des gens de communautés racisées.

«On ne peut pas l’accepter. On doit arriver à créer un débat interne sain», a-t-il indiqué.

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