Québec solidaire et Option nationale sont en voie d’unir leurs destinées

QUÉBEC — Une entente de principe est intervenue entre Québec solidaire (QS) et Option nationale (ON) en vue de fusionner les deux partis souverainistes.

Elle sera soumise au vote des 17 000 membres de QS et des 2000 membres d’ON en décembre, ont annoncé jeudi les députés solidaires, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, avec le chef d’ON, Sol Zanetti.

Celui-ci deviendrait d’ailleurs «ambassadeur» au sein du parti, qui garderait le nom de Québec solidaire. En vertu de l’entente, M. Zanetti pourra se présenter aux prochaines élections sous la bannière de QS dans une circonscription dite «favorable» pour augmenter ses chances d’être élu.

M. Zanetti n’a pas indiqué s’il préférait se présenter dans la région de Montréal, où le parti a fait élire trois députés, se disant confiant que la fusion proposée marquera un nouveau départ pour le mouvement indépendantiste progressiste. 

«Ce qu’on est en train de faire ici, c’est de jeter les bases du futur tremplin pour sortir du marasme politique dans lequel on est, a-t-il affirmé en conférence de presse à Québec, jeudi. Je pense que nous offrons quelque chose que les autres n’offrent pas.»

Option nationale avait été fondé en 2011 par l’ex-député péquiste Jean-Martin Aussant, qui jugeait alors le Parti québécois (PQ) trop tiède sur la question de la souveraineté.

L’entente prévoit maintenant qu’ON devienne un «collectif politique» au sein de QS. Il bénéficierait de deux postes garantis pour deux ans au comité national du parti unifié. Les fonds actuels d’ON (le parti reçoit 65 000 $ annuellement du Directeur général des élections) seraient intégrés à ceux de QS.

M. Nadeau-Dubois a dit souhaiter que le «collectif» poursuive son militantisme indépendantiste. Il invite M. Zanetti à être présent sur le terrain. «Ça veut dire des conférences, ça veut dire des vidéos, des interventions dans les médias», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, M. Zanetti s’est montré encouragé par la montée de l’indépendantisme en Catalogne.

«En 2006, il y avait 15 pour cent d’appui à l’indépendance en Catalogne; aujourd’hui, ils sont en train de la faire», a-t-il dit.

Selon lui, le projet souverainiste au Québec est «beaucoup plus à portée de main» que ne le laisse croire le «préjugé ambiant». 

«C’est assez phénoménal que l’appui (à la souveraineté) demeure à 35-40 pour cent dans un contexte où la majorité des souverainistes de l’Assemblée nationale s’engagent à ne rien faire pour que ça n’arrive jamais», a-t-il poursuivi.

De son côté, le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, a minimisé l’importance de cette fusion, en affirmant qu’ON accaparait seulement «en bas de la moitié d’un pour cent» du vote des électeurs.

Le chef péquiste a réaffirmé en point de presse jeudi matin que le PQ était le seul parti souverainiste apte à prendre le pouvoir, à déloger les libéraux de Philippe Couillard et à barrer la route à la Coalition avenir Québec de François Legault.

«Séparés ou ensemble», QS et ON ne font qu’augmenter les chances de favoriser l’élection d’un «gouvernement fédéraliste de droite», selon lui.

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