Québec subventionne le projet «Médicament Québec» pour éviter de futures pénuries

MONTRÉAL — Le gouvernement caquiste met les premières pierres de fondation de «Médicament Québec» dont l’objectif est de relancer la filière du médicament dans la province afin d’éviter de futures pénuries.

Avec cette initiative, il est ainsi question de soutenir la recherche et le développement de nouvelles molécules et médicaments et, éventuellement, leur production en sol québécois.

Autrement dit, l’idée est d’accroître l’autonomie du Québec.

Le Québec a dû faire face à une pénurie de certains médicaments lors de la pandémie de COVID-19, ce qui a lancé une réflexion sur les moyens pouvant assurer leur disponibilité pour les patients qui en ont besoin.

Le gouvernement québécois octroie ainsi à l’Université de Montréal (UdeM) une subvention de 13 millions $ sur deux ans. Elle va ainsi piloter ce projet qui sera en fait une collaboration entre les différentes universités du Québec ayant une faculté de médecine, des collèges et des entreprises pharmaceutiques. 

Le but de Médicament Québec est d’augmenter la fiabilité et les sources des chaînes d’approvisionnement, a indiqué Éric Girard, lors de sa première annonce en tant que ministre de l’Économie.

Ce faisant, cela «contribuera donc à limiter les répercussions d’éventuelles pénuries qui pourraient nuire à la qualité des soins de santé au Québec», a pour sa part déclaré le ministre de la Santé Christian Dubé lors du point de presse jeudi.

Pour illustrer les problèmes d’approvisionnement, le ministre a rappelé que l’entreprise pharmaceutique Pfizer a annoncé mercredi qu’il n’y aurait pas de livraison de vaccin contre la COVID-19 lors des deux premières semaines de juillet.

«C’est ça être dépendant de sources externes d’approvisionnement.»

Quant au vice-recteur adjoint à la recherche, découverte, création et innovation à l’UdeM, il a de son côté donné en exemple le propofol qui a failli manquer lors de la pandémie. Or, cet anesthésique de courte durée servait aux patients intubés, atteints de la COVID-19, qui avaient besoin d’un respirateur.

Mais avec Médicament Québec, il sera aussi question de «découvertes» et d’innovation, a précisé Daniel Jutras, le recteur de l’UdeM, visant le développement de nouveaux médicaments et de nouvelles thérapies.

Le développement

L’UdeM ne se trouve pas à la «case départ».

«Nos chercheurs peuvent produire à petite échelle à peu près n’importe quel ingrédient actif qui entre dans la fabrication de médicaments», a déclaré M. Jutras.

C’est le cas, a fait valoir M. Joanette, car on trouve à l’UdeM l’une des plus importantes plateformes de production en flux continu d’ingrédients actifs nécessaires à la fabrication de médicaments. Il s’agit d’un équipement de la taille d’une valise, explique-t-il, qui permet la fabrication de façon très agile: lorsque l’on manque d’un ingrédient, on peut rapidement adapter la plateforme pour le produire.

On va donc identifier 30 ou 40 ingrédients actifs pour lesquels on craint des problèmes d’approvisionnement — ils sont souvent fabriqués en Inde ou en Chine — on va développer des recettes et effectuer leur production en partenariat avec l’industrie, a-t-il détaillé.

Cet équipement permet la production d’ingrédients, mais pas en «quantités industrielles», précise-t-il toutefois.

Les entreprises pharmaceutiques, elles, ont cette capacité. Pour cela et leurs autres expertises, elles sont interpellées par l’initiative Médicament Québec qui veut faire le lien entre le milieu universitaire et l’industrie, a ajouté M. Jutras.

Lorsque questionné sur les capacités de production de médicaments dans la province, le ministre Girard a répondu que le projet de Médicament Québec «n’est pas l’annonce de la construction d’une usine». «Une étape à la fois», a-t-il dit. La production à grande échelle, «c’est l’étape finale», mais elle est nécessaire pour une autonomie complète, a-t-il convenu.

Et si les universités ne peuvent produire à grande échelle, les entreprises n’ont pas toutes les moyens de faire de la recherche et du développement, a poursuivi le ministre Dubé. Chacun y trouvera donc son compte.

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