Québec-Windsor: Via Rail sollicite l’aide du fédéral pour des trains hybrides

OTTAWA – Via Rail sollicitera l’aide du gouvernement fédéral pour son projet de trains à locomotives hybrides «à grande fréquence» sur l’important corridor Québec-Windsor, a annoncé le président et chef de la direction de la société de la Couronne.

Si tout se déroule comme prévu, le plan de 4 milliards $ sera prêt pour la construction dans un an et les premiers passagers pourront profiter de la nouvelle flotte d’ici 2019, a indiqué le PDG Yves Desjardins-Siciliano, en entrevue avec La Presse Canadienne.

À l’automne 2019, le corridor réservé sera accessible à Montréal, Ottawa et Toronto et peut-être même à Québec, a prédit M. Desjardins-Siciliano.

Via Rail fait la promotion de son plan pour construire de nouveaux chemins de fer consacrés aux trains passagers depuis 2014, cinq ans après que sa proposition de train à grande vitesse eut été enterrée par la récession qui frappait le pays à l’époque.

Le plan a été retravaillé récemment — pour se concentrer sur la construction de voies ferrées électrifiées — alors que le premier ministre libéral Justin Trudeau a été élu avec la promesse d’investir dans les infrastructures vertes.

Selon M. Desjardins-Siciliano, il y a un «alignement parfait» entre son plan et le gouvernement, qui veut adopter des projets «générationnels» contribuant à la modernisation de la société.

Via Rail a ouvertement courtisé les fonds de pension du secteur public pour qu’ils investissent dans le projet avant que le gouvernement ne donne son feu vert. M. Desjardins-Siciliano dit avoir eu des discussions avec l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada, le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario et le Régime de retraite des employés municipaux de l’Ontario.

Selon le PDG de Via Rail, le modèle à grande vitesse n’est plus souhaitable alors que les trains compétitionnent avec les voitures plutôt qu’avec les avions.

Il a cité l’exemple de l’Europe, où il y a plusieurs trains de ce genre sont peu utilisés parce que les trajets sont plus dispendieux que ceux en avion et que les voyages ne comprennent pas beaucoup d’arrêts.

«Moins de 10 pour cent des passagers de train (en Europe) voyagent dans des trains à grande vitesse. Pourquoi? Parce que les trains à vitesse conventionnelle s’arrêtent à tous les 50 à 100 kilomètres et ainsi, c’est une alternative à la voiture», a-t-il expliqué.

M. Desjardins-Siciliano a précisé que le train de Via Rail se déplacerait à une vitesse moyenne de 110 kilomètres par heure et qu’il ferait plusieurs arrêts entre Montréal et Toronto.

Le budget du gouvernement Trudeau réserve 3,3 millions $ sur trois ans pour étudier la viabilité du plan de Via Rail. Le gouvernement ne s’est toutefois pas engagé à contribuer au projet.