Québecor demande au CRTC de «recentrer» la mission de Radio-Canada

Québecor demande au CRTC de «recentrer» la mission de Radio-Canada, devenue trop commerciale et concurrençant trop les diffuseurs privés.

Lors de son passage devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), mardi, le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a carrément parlé de «concurrence déloyale» de la part de Radio-Canada envers le privé.

«On s’en plaint parce qu’il y a un éloignement de la mission canadienne et il y a comme une obsession de faire du copier-coller avec les diffuseurs privés, alors que les sources de financement sont complètement différentes les uns des autres», a lancé M. Péladeau, lors des audiences pour le renouvellement des licences de Radio-Canada-CBC.

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Il a notamment prôné un «recentrage de la mission de Radio-Canada vers une réelle mission d’intérêt public, sans revenus publicitaires».

Il a d’ailleurs reproché à Radio-Canada ses stratégies en matière publicitaire. «Cette course effrénée pour les revenus publicitaires entraîne inévitablement des dérapages, qui ont comme conséquence d’affaiblir encore davantage les diffuseurs privés», qui, eux, dépendent beaucoup de ces revenus, a-t-il critiqué.

M. Péladeau a également critiqué Tou.tv extra, un service payant par abonnement pour obtenir plus de contenu de Radio-Canada.

«Lorsqu’on demande aux citoyens canadiens de payer 6,99 $ par mois pour avoir un accès exclusif à des contenus particuliers (…) ça m’apparaît complètement en dehors de sa mission», s’est-il exclamé.

«La programmation de Radio-Canada devrait toujours être gratuite», puisque les contribuables paient déjà pour Radio-Canada, à même les subventions gouvernementales, a-t-il martelé. 

Selon son rapport annuel, la société d’État avait touché 1,214 milliard $ en financement public pour l’exercice qui a pris fin le 31 mars 2019..

Acadiens mécontents

Plus tôt dans la journée mardi, Radio-Canada s’était fait écorcher par les Acadiens de Nouvelle-Écosse.

Marie-Claude Rioux, directrice générale de la Fédération acadienne de Nouvelle-Écosse, a carrément reproché à Radio-Canada de ne pas respecter son mandat de refléter la diversité canadienne.

«Les Acadiens de la Nouvelle-Écosse ne se reconnaissent pas, mais vraiment pas du tout, dans le produit radio-canadien. Ils ne se voient pas; ils ne s’entendent pas et ils ne se lisent pas. La SRC contribue non seulement à une méconnaissance de la réalité et des enjeux de notre communauté, mais également elle renforce la perception que hors du Québec, il n’y a point de salut», a tonné Mme Rioux.

Elle a même reproché à Radio-Canada de «contribuer à l’insécurité linguistique» en Nouvelle-Écosse, tant elle fait peu de place à sa communauté.

Mme Rioux a critiqué la société d’État pour son manque de nouvelles émanant de la Nouvelle-Écosse au palier national, pour son manque d’experts interviewés provenant de la Nouvelle-Écosse et pour son manque d’invités provenant de cette province dans les différentes émissions.

Premières Nations

Avant les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, c’est un groupe représentant des Premières Nations, le Bureau de l’écran autochtone, qui a invité Radio-Canada à renforcer son contenu autochtone en collaborant par exemple avec des chaînes comme APTN (Aboriginal Peoples Television Network).

Le Bureau a aussi demandé que Radio-Canada soit plus représentative des Premières Nations, non seulement dans sa programmation et son contenu, mais aussi dans sa direction, ses cadres, son personnel.

Le CRTC entend des intervenants jusqu’au 28 janvier, date à laquelle Radio-Canada livrera sa réplique finale. Ses licences arriveront à échéance le 31 août.

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