Quel avenir pour la ministre des Aînés et des Proches aidants Marguerite Blais?

QUÉBEC — Qu’adviendra-t-il de la ministre des Aînés et des Proches aidants Marguerite Blais?

«Je me pose la question sur le rôle que va continuer à jouer la ministre des Aînés dans ce gouvernement-là», a lancé jeudi en point de presse le chef du Parti québécois (PQ) par intérim, Pascal Bérubé.

En entrevue à l’émission «Enquête» de Radio-Canada, Mme Blais a jeté une part du blâme pour le fiasco dans les CHSLD sur le premier ministre François Legault et le directeur national de santé publique Horacio Arruda. 

Elle a laissé entendre que M. Legault ne lui avait pas donné suffisamment de pouvoir et que c’était au Dr Arruda d’expliquer pourquoi il a laissé le personnel qui revenait de voyage en mars travailler en CHSLD.

Le directeur national de santé publique a plaidé en conférence de presse jeudi qu’il ne savait pas que les personnes asymptomatiques allaient apporter la COVID-19 dans les centres pour personnes âgées.

Pour le reste, «je préfère ne pas commenter», a-t-il dit.

Le témoignage de Mme Blais est «explosif», a réagi M. Bérubé, qui estime que Marguerite Blais vient ni plus ni moins de «tirer dans la chaloupe».

Elle est une «lanceuse d’alerte» qui provient du conseil des ministres, s’est-il surpris, saluant du même coup la candeur de la ministre. «Avouez que c’est sans précédent», s’est-il exclamé.

Rappelons qu’en politique, la solidarité ministérielle exige que chaque ministre accepte les décisions du gouvernement ou démissionne.

Qui est responsable?

Selon le Parti libéral du Québec (PLQ), la ministre Blais doit assumer pleinement ses responsabilités.

«On est ministre ou on ne l’est pas», a lancé la cheffe libérale Dominique Anglade. Selon elle, M. Legault doit maintenant «expliquer à la population pourquoi Mme Blais est toujours là».

À la période des questions jeudi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, s’est porté à la défense de sa collègue, qui n’était pas présente au Salon bleu. 

«Ce qu’elle a vécu et ce qu’elle vit présentement par rapport à la crise COVID, je pense que les gens doivent avoir un peu d’empathie», a-t-il déclaré.

«M. le Président, les gens qu’on garde en tête en ce moment, ce sont les gens qui sont malades, les gens qui sont inquiets pour leurs proches en CHSLD», a répliqué le leader parlementaire du PLQ, André Fortin. 

Plus tard, M. Dubé a précisé que c’est le ministre de la Santé qui est ultimement responsable des CHSLD, peinant à expliquer quelles tâches spécifiques seraient dévolues à Mme Blais cet automne.

Pour le PQ, il est clair que la Coalition avenir Québec (CAQ) a «profité» de la popularité de Marguerite Blais aux dernières élections et l’a «instrumentalisée».

Le premier ministre Legault, qui est toujours en isolement préventif à son domicile, n’a pas commenté.

Arruda doit se ressaisir

Par ailleurs, Dominique Anglade a invité une fois de plus le Dr Arruda à se «ressaisir», comme elle l’avait fait la veille en entrevue à La Presse Canadienne. 

Selon elle, l’expert en santé publique a fait des déclarations «irresponsables» cette semaine lorsqu’il a évoqué la possibilité d’envoyer des policiers dans les maisons pour contrôler la propagation de la COVID-19.

Mme Anglade et M. Bérubé ont tous deux déclaré jeudi qu’il aurait peut-être été plus sage d’attendre avant de renouveler le contrat du Dr Arruda.

«J’ai été de celles qui avaient questionné déjà lorsqu’il avait été renommé, j’avais dit: « C’est une discussion que l’on devrait avoir avec l’ensemble des partis d’opposition »», a rappelé Mme Anglade.

M. Bérubé a souligné que le Dr Arruda avait un mandat de trois ans, «à moins qu’il ait l’intention de ne pas poursuivre lui-même».   

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