Quelque 80 personnes empruntent le chemin Roxham chaque jour

SAINT-BERNARD-DE-LACOLLE, Qc — Un calme relatif régnait jeudi après-midi sur le chemin Roxham, célèbre lieu de passage à la frontière du Canada et des États-Unis.

On pouvait y apercevoir des agents de la GRC, certains portant des gants et des masques, pénétrer et sortir d’un grand hangar blanc et d’un bâtiment modulaire installé au bout de la route rurale devenue le point d’entrée de la plupart des entrées irrégulières au Canada.

Ottawa et Québec se sont entendus sur la gestion des migrants qui traversent au chemin Roxham. C’est à partir de vendredi que ceux-ci seront logés, par le gouvernement fédéral, pendant 14 jours d’isolement obligatoire. L’hébergement, en temps normal, relève des autorités provinciales.

Aucun demandeur d’asile n’était alors à l’horizon, ce qui n’a pas empêché le président national du Syndicat des Douanes et de l’immigration de dire que le nombre de personnes empruntant ce passage s’élevait quotidiennement à environ 80 personnes, une forte augmentation par rapport aux 50 ou aux 60 remarquées il y a deux semaines.

Selon Jean-Pierre Fortin, cette augmentation du nombre de passages n’est pas nécessairement liée à la pandémie de la COVID-19, puisque les agents avaient également enregistré une hausse au printemps dernier par rapport à l’hiver précédent.

«Au cours des prochaines semaines, la peur entraînera-t-elle une augmentation? Nous verrons», a-t-il dit lors d’un entretien téléphonique,

M. Fortin veut que les douaniers soient protégés contre la COVID-19, eux qui sont en contact avec des voyageurs provenant du monde entier.

Les demandeurs d’asile traversent souvent cinq pays ou plus avant d’arriver au Canada, soutient-il.

Les agents des douanes s’inquiètent aussi de l’arrivée massive des Canadiens revenant du sud des États-Unis où ils sont installés pendant l’hiver.

Jeudi, en fin d’après-midi, on ne savait pas trop où les demandeurs seront installés pendant leur quarantaine ni comment celle-ci serait appliquée.

L’Agence des services frontaliers du Canada a promis, dans un courriel, de fournir plus de renseignements à une date ultérieure, notant que «la situation évoluait à un rythme rapide».