Quelques centaines de manifestants antimasques se réunissent au parc Lafontaine

MONTRÉAL — Alors que le gouvernement Legault annonçait de nouvelles mesures pour dissuader les récalcitrants aux consignes sanitaires mercredi, quelques centaines de personnes se sont réunies au parc Lafontaine en début de soirée pour exprimer leur désaccord face à la stratégie visant à freiner la propagation de la COVID-19.

Drapeaux du Québec, du Canada et des États-Unis au bout des bras, les manifestants s’étaient donné rendez-vous vers 17 h 00 pour dénoncer les mesures du gouvernement, ainsi que ce qu’ils qualifient de «propagande» des médias.

Tour à tour, une dizaine d’intervenants ont pris la parole pour remettre en doute l’efficacité du port du couvre-visage et du maintien de la distanciation sociale, entre autres. Le refus de recevoir un éventuel vaccin contre la COVID-19, qui pour plusieurs personnes rencontrées ne serait qu’un prétexte du gouvernement pour contrôler la population, faisait aussi partie des sujets évoqués par les interlocuteurs.

«Nous ne sommes pas des antimasques: on respecte les promasques et les provaccins, mais on a le droit de dire « Non merci »», s’est exclamé d’entrée de jeu le premier intervenant de la soirée, Daniel Pilon. C’est d’ailleurs lui qui avait donné rendez-vous à ses abonnés sur sa page Facebook dans une vidéo diffusée jeudi.

Entre les discours, les personnes réunies dans le parc dansaient au rythme de classiques de la chanson québécoise. La foule scandait également en coeur des chants tels que: «Liberté, liberté!» et «Un peuple uni jamais ne sera vaincu». L’ambiance était plutôt joviale, malgré la forte surveillance policière.

Les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) étaient sur place et parcouraient la foule pour demander aux manifestants, qui ne portaient pas de masque pour la plupart, de garder une distance de deux mètres entre eux. Cette demande était accueillie plutôt froidement par plusieurs, mais aucun affrontement majeur n’est survenu au cours de la soirée.

L’animateur de l’événement a aussi annoncé via son microphone à plusieurs reprises que le SPVM demandait que la distanciation sociale soit respectée. Vers 18 h 00, l’orateur a fait savoir à la foule que les organisateurs avaient été avisés que les agents commenceraient à distribuer des amendes aux récalcitrants.

Une camionnette du SPVM circulait aussi dans le parc pour diffuser un message préenregistré qui rappelait aux manifestants que le non-respect de la distanciation sociale était passible d’une amende de 1000 à 6000 $. Plusieurs personnes criaient des insultes lorsque le véhicule passait près d’eux, et la foule a rugi pour enterrer le message lorsque le silence avait été demandé pour que tous puissent l’écouter.

Si la distanciation sociale était quelque peu respectée lors de la première moitié de la soirée, ce n’était plus le cas lorsque Alexis Cossette-Trudel, l’une des voix les plus fortes du mouvement de contestation, est monté sur scène vers 18 h 40.

«Je vous trouve extrêmement courageux d’être ici ce soir et de défier l’ordre gouvernemental», a-t-il affirmé à la foule très dense qui scandait son nom.

Le SPVM a confirmé qu’un homme de 47 ans a été arrêté pour méfait lors du rassemblement. Il a été rencontré par les policiers en soirée, avant d’être relâché avec promesse de comparaître. Aucun autre constat d’infraction n’a été distribué.

Une autre intervention policière est survenue au début de la soirée lorsqu’un homme, qui portait un couvre-visage, a débranché un haut-parleur situé près de la camionnette qui servait de scène pour l’occasion. Les agents ont placé l’homme à l’écart et l’incident a été de courte durée. Le SPVM n’a pas précisé si l’arrestation était liée à cette intervention.

L’événement a pris fin dans le calme un peu avant 19 h 00.

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