Qu’est-ce qu’une crise de panique et quelles sont les causes?

TORONTO — Le juge de la Cour suprême, Clément Gascon, a brisé le silence, mardi, sur sa mystérieuse disparition survenue il y a une semaine. Il a avoué qu’il avait adopté «un comportement inédit et inhabituel» car il pense avoir subi une crise de panique.

Voici un aperçu de ce que l’on sait sur ces troubles:

— Qu’est-ce qu’une crise de panique?

Andrew Jacobs, psychologue au Centre de santé mentale Royal Ottawa, définit les crises de panique comme une «poussée soudaine d’anxiété ou un sentiment inconfortable qui passe de zéro à 60 en quelques minutes». Les gens qui en sont atteints éprouvent certains symptômes, dont une accélération du rythme cardiaque, des nausées, des vertiges, un essoufflement, une transpiration et une peur de mourir. Pour que ce soit vraiment une crise de panique, la personne doit ressentir quatre des treize symptômes énumérés dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, a indiqué M. Jacobs.

— Quelles sont les causes?

Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, les crises de panique peuvent être provoquées par le stress, la fatigue ou même des exercices excessifs. M. Jacobs affirme qu’il y a deux types de crise de panique: avec un signal et sans signal. «Les crises avec un signal arrivent lorsque quelqu’un est déjà très inquiet ou craintif, et que ça peut dégénérer en panique, a-t-il expliqué. Les crises sans signal arrivent de nulle part; elles peuvent même survenir quand on est en train de dormir.» Le juge Gascon a déclaré dans son communiqué que l’après-midi où il avait été porté disparu, il était affecté par un changement de médication, et par sa récente décision «difficile et déchirante» de prendre sa retraite.

— Comment une personne gère-t-elle ces crises?

Il y a plusieurs options pour gérer de telles crises d’anxiété, dont la thérapie et la médication. Par exemple, la thérapie cognitivo-comportementale, ou TCC, comprend des techniques de respirations, des méthodes spécifiques pour confronter la situation redoutée, et donne des trucs pour remplacer les pensées anxieuses avec des pensées réalistes. Dans le cas du juge Gascon, il a dit que «ce problème de santé avait été pris en charge et traité avec le support médical requis».

— Peut-on retourner au travail après une crise de panique?

Le juge Gascon a assuré qu’il était «pleinement en mesure d’exécuter ses fonctions» de juge et le juge en chef Richard Wagner a ajouté qu’il avait «toute sa confiance». Jordan Friesen, directeur national de la santé mentale au travail à l’Association canadienne pour la santé mentale, croit qu’il sera «relativement simple» pour le juge de retourner au travail, étant donné que les crises de paniques sont généralement temporaires. «Je pense que l’enjeu, pour lui et son employeur, est de comprendre ce qu’il faut faire si une telle situation se reproduisait, a-t-il indiqué. J’espère que s’il ressent à nouveau les symptômes d’une crise de panique, il sera capable de le dire à son employeur et de rechercher le soutien approprié — un peu comme vous le feriez si vous étiez au travail et que vous commenciez à vous sentir malade de la grippe.»

— Comment la perception de la santé mentale a évolué dans le milieu du travail?

L’année dernière, la famille du défunt juge de la Cour suprême Gerald Le Dain, a parlé pour la première fois de son départ du tribunal en 1988. Selon la famille, le juge en chef Brian Dickson avait forcé le juge Le Dain à quitter son poste après qu’il eut été hospitalisé pour une dépression. Un ancien conseiller principal du juge Dickson avait précédemment écrit que la décision avait été prise parce que la Cour suprême était surmenée à l’époque et ne pouvait pas composer avec l’absence d’un juge. Or, la famille du juge Le Dain a dit à la CBC qu’il serait rentré au travail après un bref congé. De nos jours, les réactions au témoignage du juge Gascon ont été très positives. L’ancienne procureure générale et députée indépendante Jody Wilson-Raybould l’a remercié d’avoir partagé son expérience. Doron Gold, un ancien avocat qui travaille maintenant comme psychothérapeute chez Homewood Health, estime que ces réactions illustrent la façon dont les attitudes ont évolué — bien qu’il ait encore beaucoup de travail à faire. «Les choses sont tellement mieux qu’elles ne l’étaient et elles sont si loin d’où elles devraient être», a-t-il résumé.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

Commentaires
Laisser un commentaire