Qui est responsable? Pas le moment de trouver des coupables, selon Legault

QUÉBEC — Qui est responsable du désastre actuel dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD)?

Ce n’est pas le moment de trouver des coupables, selon ce qu’a déclaré le premier ministre François Legault, jeudi.

Le Québec affiche le pire bilan de tout le pays dans la lutte à la pandémie et la situation est critique dans plus d’une trentaine de CHSLD et résidences pour aînés.

M. Legault a reconnu que la situation était hors de contrôle dans ces CHSLD. En outre, il a aussi admis que le problème de pénurie et de rémunération de la main-d’oeuvre était pourtant connu depuis longtemps, mais jamais solutionné.

Quant à savoir qui a des comptes à rendre concernant cette hécatombe dans ces établissements, le premier ministre ne veut pas se prononcer ni porter le blâme.

«La priorité actuellement, ce n’est pas de trouver des coupables», a-t-il déclaré lors de la conférence de presse quotidienne pour faire le point sur la lutte au coronavirus.

La responsabilité ministérielle est un des fondements du parlementarisme britannique. Toutefois, en cette période de crise l’Assemblée nationale ne siège pas et les partis d’opposition ne peuvent non plus demander des comptes aux ministres du gouvernement caquiste.

«La priorité, c’est de s’occuper des aînés qui sont les plus vulnérables», a ajouté M. Legault.

Cependant, après la crise, le premier ministre laisse entendre qu’un examen plus rigoureux des responsabilités et des leçons à tirer sera nécessaire.

«Il faudra ensuite faire un bilan et se questionner», a-t-il dit.

Et par ailleurs, M. Legault a également fait savoir que ce n’était pas le temps non plus de lancer un débat sur la rémunération des médecins spécialistes appelés à la rescousse dans les CHSLD.

Il a été rapporté que ces médecins suppliés par le premier ministre toucheraient 2500 $ par jour pour leur «mission humanitaire», comme l’a désigné la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Le premier ministre a remis en cause ces chiffres, en plaidant que l’entente de rémunération en question ne s’appliquerait pas en CHSLD. Puis il a ajouté que ce n’était pas le moment de faire du chichi.

«Plutôt que de faire des gros débats sur la rémunération, on va régler ça, mais actuellement, moi, j’ai besoin de ces 2000 paires de bras-là de médecins», a-t-il tranché.