«Qui François Legault ne veut pas avoir dans sa face en 2022?» dit Nantel

QUÉBEC — L’humoriste Guy Nantel a joué à l’iconoclaste au dernier débat de la course à la direction du Parti québécois (PQ) mardi soir: il a désavoué des réalisations précédentes du gouvernement Marois et a laissé entendre que même le premier ministre François Legault le craint.

«Qui François Legault ne veut pas avoir dans sa face (aux élections) en 2022?», a-t-il lancé pour convaincre les membres de voter pour lui.

Constamment à l’attaque contre ses adversaires, M. Nantel a plaidé qu’il était le seul à pouvoir sortir le parti de la marginalité de son statut de troisième opposition grâce à sa notoriété personnelle, en citant les sondages.

«Demandez-vous qui aura la meilleure visibilité médiatique, a-t-il lancé aux membres qui se prononceront au début d’octobre. Le dernier sondage Léger _ qui disait que si je gagnais la course, on tombait première opposition officielle, et si mes collègues la gagnaient, on restait troisième _ est assez évocateur.»

Dès sa déclaration d’ouverture, il s’en est pris directement à ses adversaires, le député Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon et l’historien Frédéric Bastien, en leur reprochant leur position ou leurs louvoiements.

Au cours du débat qui portait sur la protection du territoire ainsi que le nationalisme, M. Nantel a notamment dénoncé la loi sur les mines qui avait été adoptée par le gouvernement Marois en 2013 et qu’a défendue M. Gaudreault. Il a aussi dénoncé l’investissement du gouvernement Marois dans la controversée cimenterie McInnis en Gaspésie.

«C’est un manque d’expérience de M. Nantel, a dit M. Gaudreault en conférence de presse après le débat. J’aime la nouveauté, la crédibilité qu’apporte Guy Nantel à l’indépendance. Mais en politique, il faut soutenir le parti pour lequel on se présente.»

M. Nantel a riposté. Selon lui, il faut reconnaître les bons et mauvais coups de son parti et aussi des autres partis. «J’ai parlé avec mes tripes, a-t-il justifié. (…) Si on se présente comme chef, c’est parce qu’on a une vision différente. (…) C’est ça, la vérité que les gens attendent.»

Il a raillé M. Gaudreault en le définissant comme le «candidat de la continuité», en rappelant que le parti est en déclin constant depuis des années. «S’il est le candidat de la continuité, je ne sais pas où on va aller avec ça.»

Immigration

La question des seuils d’immigration a divisé les candidats. M. Gaudreault a été attaqué par MM. St-Pierre Plamondon, Bastien et Nantel pour ne pas s’être prononcé clairement sur le nombre d’immigrants que le Québec devrait recevoir.

S’il devenait chef puis premier ministre, M. Gaudreault voudrait créer un observatoire qui proposerait différents scénarios. Selon M. St-Pierre Plamondon, il s’agit d’une «vieille recette» dont la population se méfie.

M. Bastien, qui propose de réduire de moitié le nombre d’immigrants reçus chaque année, a interpellé à M. Nantel en lui demandant: «J’attends votre chiffre.»

Le premier débat a eu lieu il y a près d’un mois et portait sur la question nationale. Le deuxième débat portait sur l’équité et la justice.

Les membres pourront voter de façon virtuelle entre le 5 et le 9 octobre. Les résultats seront dévoilés au terme de la dernière journée de scrutin.

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