Boris Johnson quittera la direction des conservateurs et le «10 Downing Street»

LONDRES — Boris Johnson quittera bientôt son poste de premier ministre du Royaume-Uni, et il démissionne immédiatement comme chef du Parti conservateur.

M. Johnson a annoncé sa démission jeudi au milieu d’une révolte massive des principaux membres de son gouvernement, marquant la fin de trois années tumultueuses au pouvoir au cours desquelles il a effrontément plié — et parfois enfreint — les règles de la politique britannique.

Des mois de défiance se sont presque terminés jeudi par un haussement d’épaules, alors que M. Johnson, devant le «10 Downing Street», a expliqué que c’était son parti qui souhaitait son départ.

L’impétueux politicien de 58 ans, qui a sorti le Royaume-Uni de l’Union européenne et a dirigé le pays à travers la pandémie et la guerre en Ukraine, aura finalement été renversé par un scandale de trop – la nomination d’un politicien qui avait été accusé d’inconduite sexuelle.

Mais le plus désordonné des premiers ministres n’est pas parti proprement. M. Johnson a déclaré qu’il resterait premier ministre jusqu’à ce que le parti choisisse son successeur.

Or, beaucoup veulent qu’il parte maintenant, certains politiciens conservateurs craignant qu’il ne fasse des bêtises même en tant que premier ministre par intérim.

«C’est très difficile de voir comment Boris Johnson, vu le personnage, va pouvoir gouverner pendant trois mois dans une humilité et une contrition tranquilles», a estimé George Freeman, qui a démissionné jeudi de son poste de ministre des Sciences.

Parmi les candidats possibles pour lui succéder: l’ancien secrétaire à la Santé Sajid Javid, l’ancien chef du Trésor Rishi Sunak, la secrétaire aux Affaires étrangères Liz Truss et le secrétaire à la Défense Ben Wallace.

L’élection interne pour choisir un nouveau chef du Parti conservateur, qui sera également le prochain premier ministre du Royaume-Uni, devrait avoir lieu au cours de l’été. Le calendrier de ce processus sera annoncé la semaine prochaine. La dernière course à la direction a duré six semaines.

Une cinquantaine de secrétaires d’État, de ministres et de hauts fonctionnaires ont quitté le gouvernement Johnson ces derniers jours en raison du dernier scandale, fustigeant souvent le manque d’intégrité du premier ministre.

Les démissions massives ont paralysé les travaux de certaines commissions parlementaires, car aucun ministre n’était disponible pour parler au nom du gouvernement.

M. Johnson s’est accroché au pouvoir pendant des jours, déclarant mercredi avec défi aux députés qu’il avait obtenu un «mandat colossal» des électeurs et qu’il avait l’intention de continuer à gouverner.

Mais il a été contraint de concéder sa défaite jeudi matin après que l’un de ses plus proches alliés, le nouveau chef du Trésor, Nadhim Zahawi, lui a publiquement demandé de démissionner, pour le bien du pays.

Pas de rupture

«Ces derniers jours, j’ai essayé de persuader mes collègues qu’il serait excentrique de changer de gouvernement alors que nous faisons tant de choses et que nous avons un mandat aussi vaste, a déclaré M. Johnson jeudi. Je regrette de ne pas avoir réussi à les convaincre.»

Plusieurs ont vu dans ce discours que M. Johnson, jusqu’au bout, refusait d’assumer la responsabilité de ses actes ou d’admettre ses erreurs.

Alors que M. Johnson rassemblait jeudi un cabinet bricolé pour une réunion après l’annonce de sa démission, il a promis de ne pas faire de vagues dans ses semaines restantes au «10 Downing Street». Il a assuré que le gouvernement ne «chercherait pas à mettre en œuvre de nouvelles politiques ou à faire des changements majeurs d’orientation».

Ce fut une défaite humiliante pour M. Johnson, qui a non seulement réussi le «Brexit», mais a également été crédité d’avoir lancé l’une des campagnes de vaccination de masse les plus réussies au monde contre la COVID-19.

Mais le leader perpétuellement décoiffé, connu pour répondre à ses détracteurs avec emphase et fanfaronnade, a également été poursuivi par des allégations selon lesquelles il se serait comporté comme si les règles ne s’appliquaient pas à lui.

Il a réussi à rester au pouvoir malgré les accusations selon lesquelles il était trop proche des donateurs du parti, qu’il protégeait des partisans contre les allégations d’intimidation et de corruption, et qu’il avait induit le Parlement en erreur au sujet de fêtes données au gouvernement pendant les confinements dans tout le pays.

Il a été condamné à une amende par la police pour ces fêtes et il a survécu à un vote de défiance le mois dernier au Parlement, au cours duquel 41 % des députés conservateurs ont tenté de l’évincer.

M. Johnson était devenu premier ministre en juillet 2019, succédant à Theresa May, qui a démissionné après que le Parlement a rejeté l’accord sur le «Brexit» qu’elle avait négocié avec l’Union européenne. M. Johnson a fait adopter son propre accord sur le «Brexit» dans un débat souvent désordonné et turbulent.

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