Le PCU est en conflit d’intérêts sur son projet de loi 22, dénonce le NPD

EDMONTON — L’opposition néodémocrate en Alberta demande au commissaire à l’éthique d’interdire à tout le caucus du Parti conservateur uni de voter sur le projet de loi qui vise à congédier le commissaire aux élections.

La cheffe du NPD, Rachel Notley, soutient que le caucus en entier du PCU se trouve en conflit d’intérêts parce que tous ses députés bénéficieraient du départ du commissaire Lorne Gibson.

Ce dernier enquête présentement sur le PCU en lien avec de possibles violations des règles de financement politique au moment de la course à la chefferie du parti en 2017. Une campagne remportée par l’actuel premier ministre Jason Kenney.

Des amendes dépassant les 200 000 $ ont déjà été imposées au PCU.

Le rôle du commissaire aux élections consiste à s’assurer du respect des règles électorales en matière de financement et de publicité.

Le projet de loi 22, déposé par le gouvernement, entraînerait le congédiement de Lorne Gibson en transférant les pouvoirs du commissaire au bureau du directeur général des élections, Glen Resler.

Du côté du gouvernement du PCU, la décision serait uniquement motivée par la volonté de réduire les dépenses et que rien n’empêche le prochain commissaire de poursuivre l’enquête en cours.

Notley doit offrir des excuses

Expulsée de la Chambre mardi, la cheffe de l’opposition Rachel Notley a déclaré mercredi qu’elle n’avait pas encore décidé à quel moment elle retournerait à l’Assemblée législative.

Elle a dû quitter son siège après avoir refusé de s’excuser lorsqu’elle a accusé le leader du gouvernement d’avoir induit en erreur les parlementaires. Les députés jouissent d’une grande latitude pour débattre en Chambre, mais les règles ne permettent pas d’alléguer qu’un élu a menti ou a tenu des propos délibérément trompeurs.

La cheffe néo-démocrate a indiqué mercredi que le bureau de la présidence lui avait clairement fait savoir qu’elle devait d’abord s’excuser auprès de Jason Nixon avant de pouvoir revenir en Chambre.

Mme Notley s’était offusquée que le leader du gouvernement soutienne en Chambre que le projet de loi omnibus ne prévoyait pas le congédiement proprement dit de M. Gibson, mais plutôt le transfert de ses fonctions au bureau du Directeur général des élections.

La cheffe de l’opposition ajoute par ailleurs que le premier ministre Kenney méritait le titre peu enviable de «premier ministre le plus corrompu et antidémocratique de l’histoire du pays». Mme Notley soutient qu’elle ne peut pas trouver un autre exemple au Canada où un premier ministre, fédéral ou provincial, aurait mis fin à une enquête quasi judiciaire sur sa propre administration.

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