Racisme au Musée de Winnipeg: la démission du président ne serait «qu’une étape»

WINNIPEG — Un compte sur les médias sociaux qui a dénoncé un environnement de travail raciste et discriminatoire au Musée canadien pour les droits de la personne, à Winnipeg, laisse entendre que la démission du président n’est qu’une première étape.

«Il s’agit d’une petite victoire, mais nous ne célébrons pas encore», lit-on dans les comptes en ligne «Assez de mensonges», sur les médias sociaux. «Un de tombé. Beaucoup d’autres à venir. Continuons le combat.»

Le conseil d’administration du musée a annoncé jeudi que le président et chef de la direction, John Young, avait accepté de démissionner immédiatement.

«Nous agirons rapidement pour améliorer les processus et les politiques du Musée, et pour rétablir les relations et la confiance avec notre personnel et ceux que nous avons laissé tomber, en particulier les communautés noires et autochtones, les personnes de couleur et les communautés LGBTQ2+», a indiqué jeudi dans un communiqué la présidente du conseil d’administration, Pauline Rafferty, qui assurera l’intérim.

Le groupe «CMHR Stop Lying» s’est formé plus tôt ce mois-ci après que le musée a publié des images d’une manifestation en appui au mouvement pour les Noirs «Black Lives Matter». Les employés actuels — et des anciens — ont rapidement dénoncé l’hypocrisie du geste, considérant le racisme qui prévaudrait au musée. Une personne a écrit qu’elle avait travaillé dans ce musée pendant quatre ans et qu’elle n’avait jamais vu autant de racisme de toute sa vie.

Thiané Diop, l’une des fondatrices du groupe, a écrit plus tôt cette semaine qu’elle avait dénoncé un membre du personnel pour des commentaires sexuellement inappropriés. Mme Diop, qui est Noire, soutient que la direction n’a rien fait — jusqu’à ce que des collègues blancs déposent une plainte. «Il est clair pour moi qu’il existe une différence dans la façon dont ces problèmes sont traités», a-t-elle écrit. «D’après ma propre expérience et mes observations, je peux attribuer cela au racisme.»

Un autre membre du groupe a écrit que les employés autochtones avaient été informés qu’ils devaient rester neutres lorsqu’ils abordaient des sections sur les pensionnats, la Loi sur les Indiens, les droits des Métis ou les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Des guides au musée ont aussi soutenu qu’ils devaient censurer les sections sur l’histoire des LGBTQ au Canada, à la demande de certains groupes scolaires. La direction du musée a présenté ses excuses, la semaine dernière, pour cette censure contraire, disait-on, à tout ce que le musée défend. Cette pratique avait été abandonnée en 2017.

L’Alliance de la fonction publique du Canada, qui représente le personnel du musée, a indiqué que les questions qui retiennent l’attention maintenant sont soulevées auprès de la direction depuis 2018.

Le conseil d’administration du musée a indiqué jeudi qu’une enquête externe, menée par un tiers indépendant, était déjà en cours et qu’elle serait suivie d’un examen interne de toutes les politiques et pratiques de l’institution.

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