Radio-Canada devant le CRTC: équilibre à trouver entre numérique et traditionnel

La question de l’équilibre à trouver entre les services numériques et traditionnels de Radio-Canada est au coeur des audiences du CRTC pour le renouvellement des licences du diffuseur public, qui ont commencé lundi matin, de façon virtuelle.

D’entrée de jeu, le président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), Ian Scott, a souligné qu’il avait reçu pas moins de 20 000 interventions de Canadiens et de parties intéressées pour cette audience.

Durant toute la journée, lundi, la direction de Radio-Canada-CBC a répondu aux questions du CRTC.

Le président du CRTC a souligné que dans sa demande en vue du renouvellement de ses licences, CBC-Radio-Canada «demande une flexibilité considérable» afin de s’acquitter de son mandat.

Jusqu’ici, a noté M. Scott, l’approche adoptée par le CRTC pour vérifier le respect de son mandat par CBC-Radio-Canada n’a porté que sur une partie de ses activités, soit celles de la radio et de la télévision.

Or, les services en ligne sont en croissance, particulièrement auprès des plus jeunes générations. «Nous devons adopter une vision plus large des activités de la CBC-Radio-Canada», a ajouté le président Scott.

Radio-Canada souhaite être examinée dans son ensemble — ses services traditionnels et en ligne formant un tout, selon elle —  et non par silos, eu égard au respect de ses obligations en termes de programmation canadienne.

Michel Bissonnette, vice-président principal des services français de Radio-Canada, a précisé que 25 % des gens regardent Radio-Canada à la télévision traditionnelle, 25 % ne regardent que le numérique, alors que 50 % ont recours aux deux formes de diffusion.

«Si on ne veut pas perdre une génération, il est plus important que jamais de leur offrir une alternative francophone diversifiée et de qualité. Surtout, il faut continuer d’innover, comme on l’a fait, il y a un peu plus de dix ans, avec la création d’ICI tou.tv, qui nous permet aujourd’hui d’atteindre un nouveau public qui, autrement, ne regarderait pas nos émissions», a renchéri M. Bissonnette.

«Aux côtés de services comme TVA Plus, Crave et Club Illico, ICI tou.tv est notre meilleur rempart contre les géants comme Netflix, Apple , Disney et Amazon», a-t-il ajouté. 

Financement

Le vieux litige du financement mixte public-privé de Radio-Canada a brièvement été abordé par la présidente-directrice générale de CBC-Radio-Canada, Catherine Tait. Radio-Canada a toujours tenu à conserver son financement mixte, provenant de subventions gouvernementales et de revenus publicitaires, commerciaux.

Selon son rapport annuel 2018-2019, la société d’État a touché 1,214 milliard $ en financement public, comparativement à 1,208 milliard $ en 2017-2018.

De plus, elle a touché 490 millions $ en revenus en 2018-2019 comparativement à 573 millions $ en 2017-2018 $  (une année olympique).

«Les recettes que nous gagnons ne sont pas insignifiantes. Ce n’est pas négligeable; le nombre n’est pas petit. À cet égard, cet argent est essentiel, s’agissant de réinvestir dans plus de services, plus de journalisme, plus de programmes, d’émissions pour les Canadiens», a lancé Mme Tait.

Les audiences du CRTC doivent s’étendre jusqu’au 27 janvier. Les licences de CBC-Radio-Canada arriveront à échéance le 31 août prochain.

«Au cours des prochains jours, plusieurs des intervenants souhaitent profiter de cette audience pour discuter du mandat du diffuseur public et de son modèle de financement. Ce sont des questions qui relèvent du  Parlement et qui sont liées à la Loi sur la radiodiffusion —une loi qui est actuellement en processus de révision», a insisté Mme Tait. 

Différent du privé

Interrogée en fin de journée sur ce qui différenciait Radio-Canada des diffuseurs privés, la pdg Catherine Tait a eu cette réponse: «On a un rôle très distinct à jouer, en complément de nos collègues du secteur privé. On ne se voit pas comme un concurrent du tout». 

Elle en veut pour preuves l’obligation de servir tous les Canadiens dans les deux langues officielles et les obligations en matière de diversité.

Elle a aussi relevé, comme aspect distinctif, «les risques créatifs qu’on fait chaque jour pour découvrir et promouvoir du contenu canadien. On se demande chaque jour qu’est-ce qu’on peut faire différemment de nos collègues du secteur privé.»

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