Radio-Canada se voit forcée de fermer son bureau à Pékin après maints refus de visa

MONTRÉAL — Radio-Canada ferme son bureau à Pékin après des refus répétés de la Chine à accorder un visa à son correspondant.

Dans un «mot de l’info» sur le site internet de Radio-Canada, mercredi, la directrice générale de l’Information de Radio-Canada, Luce Julien, et la première directrice, programmation, nouvelles, actualités et déploiement de Radio-Canada, Ginette Viens, ont indiqué que toutes les tentatives d’installer leur correspondant sur le territoire chinois avaient été infructueuses.

Le nouveau correspondant en Asie, Philippe Leblanc, avait effectué une première demande de visa en octobre 2020. Après plusieurs rencontres avec le consul de Montréal, seul un accès très contrôlé avait été permis à l’équipe de Radio-Canada lors des Jeux olympiques de l’hiver 2022 à Pékin.

En avril 2022, les directeurs généraux de l’information de CBC et de Radio-Canada Brodie Fenlon et Luce Julien avaient écrit à l’ambassadeur de Chine au Canada, Cong Peiwu, afin de réitérer leur demande d’obtention de visa. 

«Nous lui avons exprimé toute l’importance historique de nos pays respectifs et l’impossibilité de continuer à maintenir un bureau ainsi si nous ne pouvons y être sur place. Nous avons reçu depuis un simple accusé de réception», peut-on lire sur le site de Radio-Canada.

Après une série de vaines démarches, la société s’est donc vue contrainte de fermer son bureau de la capitale, mettant un terme à 40 ans de présence en Chine.

Pour les deux prochaines années, Philippe Leblanc couvrira ainsi l’actualité chinoise à partir de Taïwan, une île «d’une importance géostratégique primordiale», selon Radio-Canada. Le territoire sera aussi «l’un des points de tension des prochaines années avec la Chine» en raison de l’intention du président chinois, Xi Jinping, d’annexer l’État insulaire.

Couverture à distance

Ce n’est pas la première fois que Radio-Canada se bute à des refus de la part de puissances mondiales. Le 18 mai 2022, les autorités russes avaient révoqué les accréditations et les visas de son équipe de journalistes, les obligeant ainsi à quitter le territoire.

«À notre connaissance, c’est la première fois qu’un de nos bureaux se voit ainsi expulsé d’un pays. Et le seul à ce jour à avoir subi une telle fermeture de tous les médias étrangers qui ont une présence à Moscou», a déploré la société.

Tamara Alteresco, qui couvre l’actualité de la Russie, exerce désormais ses fonctions depuis des pays limitrophes et à distance. La société espère qu’elle et son collègue pourront un jour réintégrer leur territoire de prédilection respectif.

«C’est donc avec cette nouvelle configuration de notre couverture internationale que nous continuerons de couvrir au plus près, sur le terrain, la marche d’un monde en constante évolution», a conclu Radio-Canada dans son mot de l’info.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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