Raif Badawi: les militants toujours au rendez-vous pour réclamer sa libération

MONTRÉAL — Ceux qui militent pour la libération de Raif Badawi assurent ne pas avoir jeté l’éponge alors que la journée de samedi marque le cinquième anniversaire de son emprisonnement en Arabie Saoudite.

Le blogueur saoudien a été arrêté le 17 juin 2012 et plus tard condamné à recevoir 1000 coups de fouet et à passer 10 ans en prison pour avoir appelé, notamment, à une plus grande tolérance envers les non-musulmans et à une plus grande ouverture d’esprit.

M. Badawi n’est pas un citoyen canadien, mais son épouse, Ensaf Haidar, est réfugiée à Sherbrooke avec ses trois enfants.

Plus tôt ce mois-ci, les enfants du blogueur avaient exhorté, dans une vidéo, le premier ministre Justin Trudeau à appeler personnellement les autorités saoudiennes et demander la libération de leur père.

Mme Haidar a rencontré des dirigeants au Canada et à travers le monde dans la cadre de ses efforts déployés depuis cinq ans pour réclamer la libération de Raif Badawi.

Plus de 200 rassemblements pour protester contre la détention de M. Badawi ont eu lieu au Québec seulement, dont plusieurs se sont tenus cette semaine.

Plus tôt cette semaine, le député du Parti québécois Stéphane Bergeron a pressé le gouvernement de Philippe Couillard de faire pression sur le fédéral, faisant valoir que M. Trudeau avait fait campagne en promettant qu’il allait faire tout ce qui lui est possible pour mener à la libération de M. Badawi.

Affaires mondiales Canada a assuré que le gouvernement continue de soulever la question aux plus hauts niveaux et appelle toujours à la clémence.

Amnistie Internationale estime toutefois qu’Ottawa fait preuve d’une trop grande passivité en ce qui a trait à la défense des droits de la personne.

«Ce n’est pas une question simple, ce n’est pas une question qui sera résolue demain, mais le pays récolte ce qu’il a semé dans ces dernières années en ne démontrant pas de leadership sur la scène internationale quand vient le temps (de défendre) les droits de la personne», a dit la porte-parole Anne Sainte-Marie.

Or, même après que cinq années se soient écoulées depuis l’emprisonnement de M. Badawi, ceux qui se mobilisent pour sa libération restent investis dans leur objectif de garder l’image du blogueur saoudien dans la mémoire collective, a assuré Mme Sainte-Marie.

«Tout ce qu’il a fait était d’appeler à une réflexion, à un dialogue et à un échange sur des enjeux sociétaux qui sont complètement légitimes.»