Rankin, qui a conduit avec les facultés affaiblies, «doit s’impliquer», estime MADD

HALIFAX — Les excuses du premier ministre de la Nouvelle-Écosse Iain Rankin relativement à une condamnation pour conduite avec facultés affaiblies, qu’il n’avait pas divulguée auparavant, doivent être suivies de gestes concrets, estime l’organisme «MADD Canada». 

Andrew Murie, directeur de «Mothers Against Drunk Driving» au Canada, affirme que M. Rankin devrait suivre l’exemple du premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, et de l’ex-premier ministre de la Colombie-Britannique Gordon Campbell, qui se sont tous deux impliqués activement dans la lutte contre l’alcool au volant après avoir été aussi accusés de conduite avec les facultés affaiblies.

En mars 2003, M. Campbell, alors premier ministre, avait plaidé coupable à une accusation de conduite en état d’ébriété à Hawaï. M. Murie a déclaré qu’il était avec le premier ministre libéral lorsqu’il a rencontré plus tard les victimes de chauffards ivres et qu’il s’est engagé à faire davantage pour lutter contre la conduite avec les facultés affaiblies.

En octobre dernier, le premier ministre Moe, au beau milieu d’une campagne électorale, a révélé qu’il avait été accusé en 1994 de conduite avec facultés affaiblies et de délit de fuite, alors qu’il avait 20 ans, mais il a déclaré qu’il y avait eu arrêt des procédures par la suite.

En Nouvelle-Écosse, le premier ministre Rankin a confirmé lundi qu’il avait été reconnu coupable de conduite en état d’ébriété en 2003 et qu’il avait été acquitté d’une deuxième accusation en 2005. M. Rankin était lui aussi dans la jeune vingtaine, mais M. Murie rappelle qu’il avait alors grandi en étant bombardé de toutes les campagnes de sensibilisation contre l’alcool au volant. 

Il rappelle aussi que les premiers ministres de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique avaient tous les deux pris des mesures décisives pour réduire ce fléau social.

«C’est une chose de dire ‘Je suis désolé’. Mais pouvez-vous joindre la parole aux actes?», demande M. Murie en entrevue.

David Johnson, professeur d’études politiques à l’Université du Cap-Breton, estime que M. Rankin a fait ce qu’il fallait en divulguant lui-même la condamnation — et il ne croit pas que le le premier ministre libéral en paiera un prix politique. «Je pense que la plupart des Canadiens pardonnent ce type de transgressions lorsque la personne est relativement jeune. Les problèmes commencent, pour les politiciens, lorsqu’ils mentent sur ces questions.»

M. Johnson cite par exemple l’ancien chef néo-démocrate de la Nouvelle-Écosse Robert Chisholm, qui a omis de divulguer une telle condamnation lorsqu’un journaliste lui avait demandé s’il avait déjà enfreint la loi. À quelques jours seulement du scrutin de 1999, un quotidien de Halifax a écrit que M. Chisholm avait été reconnu coupable de conduite en état d’ébriété à l’âge de 19 ans – une révélation qui est immédiatement devenue le centre de la campagne, que les néo-démocrates allaient perdre.

M. Rankin a d’ailleurs déclaré aux journalistes lundi qu’il avait voulu divulguer ses démêlés avec la justice parce que son bureau avait reçu des demandes de renseignements le matin même. Le premier ministre a fait cette révélation alors que les spéculations vont bon train en Nouvelle-Écosse sur le déclenchement d’élections générales.

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