Rapport Mueller: la Maison-Blanche continuer de défier le Congrès

WASHINGTON — La Maison-Blanche a invoqué mercredi le privilège de l’exécutif pour justifier son refus de remettre au Congrès le rapport du procureur spécial Robert Mueller sur l’implication de la Russie dans la campagne électorale de Donald Trump en 2016.

La décision de l’administration a été annoncée au moment où le comité judiciaire de la Chambre des représentants était sur le point de voter pour blâmer le procureur général William Barr pour outrage au Congrès pour avoir omis de lui remettre le rapport complet.

Le président du comité judiciaire, Jerrold Nadler, a estimé que cette décision de l’administration de recourir au privilège de l’exécutif était un nouveau signe clair du «mépris généralisé» du président quant aux droits constitutionnels du Congrès.

«Chaque jour, nous sommes témoins des nouveaux efforts de cette administration pour faire obstruction au Congrès», a déclaré M. Nadler. «C’est sans précédent.»

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a rétorqué que cette action était plutôt une réponse à «l’abus de pouvoir flagrant» de M. Nadler, un démocrate de New York.

«Ni la Maison-Blanche ni le procureur général Barr ne se plieront aux exigences illégales et téméraires du président (du comité judiciaire)», a-t-elle déclaré.

Dans une lettre adressée mercredi à M. Trump, M. Barr explique que le rapport du procureur spécial contient des millions de pages d’informations confidentielles et non confidentielles. Il estime que la décision «brutale» du comité judiciaire de recourir à un vote pour outrage n’a pas laissé suffisamment de temps au président pour décider en toute connaissance de cause s’il y avait lieu d’invoquer le privilège de l’exécutif.

Le procureur général a dit au président qu’il devait se prévaloir du privilège de l’exécutif maintenant «dans l’attente d’une décision complète à ce sujet».

En vertu de cette mesure, le président peut refuser de communiquer certaines informations au Congrès et à ses commissions d’enquête afin de protéger la confidentialité du processus décisionnel de la présidence.

Les démocrates siégeant au comité ont estimé que l’administration Trump bafouait le devoir du surveillance du Congrès.

«C’est un moment historique», a déclaré la représentante Sheila Jackson Lee, du Texas. «Le président cherche maintenant à prendre le dessus sur la Constitution des États-Unis.»