Rapport sur l’éthique et l’alcool: des améliorations mais encore des aberrations

MONTRÉAL — Mimosas à volonté pour 20 $, consommations à 1,50 $ pour les filles, «pourquoi salir de la vaisselle quand on peut boire directement de la bouteille»…

Le Conseil d’éthique de l’industrie des boissons alcooliques dénonce plusieurs trucs publicitaires au goût parfois douteux utilisés par certains bars pour attirer la clientèle. Dans son rapport annuel 2018 remis à La Presse canadienne, il en cite quelques-uns.

«Combien de shots t’es capable de prendre avant de ne plus être capable de prononcer Jägermeister comme il faut?» demandait un bar dans sa promotion.

De même, un producteur de bière affichait son slogan pour ses bières à 8,6 et 10,5 pour cent d’alcool: «si elle est trop forte, c’est que tu es trop faible!».

Un bar dénoncé en 2017 a même adressé une mise en demeure au Conseil d’éthique, parce qu’il l’avait dénoncé dans son rapport annuel… avant de se servir de la dénonciation comme argument pour attirer de la clientèle, sur sa page Facebook. Ce bar n’a finalement pas mis sa menace à exécution. Il s’est même réjoui de cette publicité en affirmant que ça avait suscité «un buzz», a relaté Robert Dutton, président du Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques, au cours d’une entrevue lundi.

«L’éthique, ce n’est pas une seule journée, c’est toute l’année», s’est exclamé M. Dutton.

Plaintes

Pourtant, le nombre de plaintes reçues par le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques a baissé depuis l’an dernier. Il avait traité 10 dossiers de plainte en 2016, puis 20 en 2017, puis 10 en 2018.

«La promotion à caractère sexuel, ça a beaucoup diminué; on le remarque comme consommateur. Les gens sont plus sur le goût que sur l’effet de la boisson. Ils savent aussi qu’on ne peut utiliser des stéréotypes; ce n’est pas ce qui va fonctionner, au contraire», a opiné M. Dutton.

Quant à la baisse du nombre de plaintes, «on espère que ce n’est pas parce que les gens abandonnent et se disent « il n’y a rien à faire »», a-t-il ajouté.

Ce qui persiste, par contre, ce sont les promotions des supermarchés qui permettent de contourner le prix minimum de la bière. «C’est regrettable que ça ne se corrige pas d’utiliser la bière comme incitatif pour faire entrer les gens dans les magasins d’alimentation. Pour nous, c’est inacceptable et ça encourage indirectement la consommation de boisson», a déploré M. Dutton.

Le Conseil d’éthique prône même d’augmenter les taxes sur la bière. «C’est le niveau le plus bas au Canada. (Augmenter les taxes), on pense que ça pourrait être un frein à la consommation excessive», a fait valoir M. Dutton.

Pour ce qui est des comportements raisonnables face à l’alcool, le Conseil d’éthique fonde beaucoup d’espoir sur un comité consultatif qui a été mis sur pied par la Régie des alcools, des courses et des jeux. Il y siège et compte bien «influencer positivement les débats et proposer des avenues qui respectent les règles de déontologie qui doivent présider à l’action commerciale dans le domaine de l’alcool».

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Adhèrent au code d’éthique:

– l’Association canadienne des distillateurs – Québec

– l’Association des microbrasseries du Québec

– l’Association des producteurs de cidre du Québec

– l’Association des négociants embouteilleurs de vins

– l’Association des vignerons du Québec

– l’Association des vignerons indépendants du Québec

– l’Association québécoise des agences de vin, bières et spiritueux

– la Société des alcools du Québec

– l’Association des restaurateurs du Québec

– le Conseil des chaînes de restaurants du Québec

– la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec

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