Rareté de main-d’oeuvre: le patronat craint que les clients paient plus cher

MONTRÉAL — La rareté de main-d’oeuvre dans certains secteurs est telle qu’elle risque en fin de compte de faire grimper les coûts pour les consommateurs, avertit le Conseil du patronat du Québec.

Dans le cadre d’un webinaire, tenu en présence du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, jeudi, le président et chef de la direction du CPQ, Karl Blackburn, a cité le cas d’une restauratrice de la Gaspésie qui, faute de trouver un cuisinier au tarif qu’elle offrait au départ, a dû se résoudre à lui verser 30 $ l’heure.

«La réalité fait en sorte que malheureusement, cette spirale de pénurie de main-d’oeuvre risque d’avoir des conséquences importantes sur l’inflation et, pour ces secteurs qui sont à faible marge de profit, inévitablement, tout cela va se traduire par une augmentation des coûts des biens et des services. Ultimement, c’est le consommateur qui va payer plus cher», a opiné M. Blackburn.

Seuils d’immigration

Dans le cadre de ce webinaire sur la pénurie de main-d’oeuvre, il a aussi été question de la hausse des seuils d’immigration pour faire venir au Québec un plus grand bassin de travailleurs.

Le ministre Boulet n’a pas semblé chaud à l’idée d’augmenter les seuils d’immigration à tout prix, comme le réclament bien des gens d’affaires.

«Les seuils, je ne suis pas de ceux qui disent qu’il faut mettre énormément d’accent là-dessus. L’important, au lieu de discuter de chiffres, voyons donc à rendre le processus plus simple, moins long et moins coûteux. Il y a beaucoup d’entreprises au Québec qui ont des besoins pressants. Et ça n’a pas de rapport avec les seuils», a répondu le ministre Boulet aux gens d’affaires.

Partage des pourboires

Un employeur a demandé au ministre du Travail s’il était prêt à modifier les règles en matière de partage des pourboires dans la restauration, afin de faciliter l’embauche de cuisiniers, par exemple.

À l’heure actuelle, la loi stipule que le pourboire versé par un client, directement ou indirectement, appartient au travailleur qui a dispensé le service. Elle permet une convention de partage des pourboires, mais celle-ci doit faire l’objet d’un consentement libre et volontaire des salariés qui ont droit au pourboire. L’employeur ne peut intervenir de quelque manière que ce soit dans l’établissement d’une convention de partage des pourboires.

Le ministre a répondu qu’il était «loin d’y avoir un consensus dans le marché» sur la question. Mais il s’est dit prêt à tenir une rencontre de travail spécifiquement là-dessus.

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