Rassemblements: les centres de congrès veulent profiter des nouvelles règles

MONTRÉAL — Rabais sur les salles, mesures exceptionnelles pour assurer la distanciation physique; les centres de congrès ne lésinent pas sur les moyens pour attirer de nouveaux événements en temps de pandémie.

Depuis lundi, le gouvernement du Québec permet aux centres de congrès d’accueillir un maximum de 250 personnes sous leur toit, à condition de respecter la distanciation sociale. Auparavant, 50 personnes tout au plus pouvaient se réunir dans ces lieux.

Ainsi, avec ces nouvelles règles, les centres de congrès souhaitent donner un nouveau souffle à leurs activités, mises en veilleuse depuis le printemps avec la pandémie de COVID-19.

Le Centre des congrès de Québec a annoncé lundi qu’il diminuerait les prix de location de ses salles «en fonction de la distanciation et de la capacité de payer de (leur) clientèle».

Les clients paieront seulement pour l’espace dont ils ont besoin avec la nouvelle réalité de la distanciation physique, a expliqué en entrevue Pierre-Michel Bouchard, président-directeur général du Centre des congrès.

«Dans la grande salle, on pouvait mettre jusqu’à 6000 ou 7000 personnes, là on peut mettre peut-être 700 ou 800 personnes avec la distanciation, donc là on baisserait le prix à 700 ou 800 au prorata», a-t-il expliqué.

«On ne pourrait pas mettre plus de monde, alors on ajuste sur un prorata de notre capacité habituelle. On pense que c’est plus juste comme ça.»

De son côté, le Palais des congrès de Montréal a déployé un bouquet de mesures pour relancer ses activités cet automne. Le président-directeur général du Palais, Robert Mercure, espère notamment être l’hôte de plusieurs salons dans les prochains mois.

Pour susciter l’intérêt de ses clients, par exemple, le Palais a lancé un nouveau studio pour organiser des événements hybrides — en personne et en direct sur le web.

Il compte aussi accommoder ses clients en accueillant des événements de dernière minute.

«C’est vraiment avoir des solutions créatives et accessibles. Ce n’est pas toujours à propos du prix», a expliqué M. Mercure.

Une mesure populaire

Déjà, la règle du 250 personnes semble avoir suscité l’intérêt des organisateurs d’événements.

«Il y a un congrès de municipalités qui veut venir, on a des corporations professionnelles pour des séances d’examens», a exposé M. Bouchard.

Même son de cloche du côté de Montréal. «Le téléphone sonne. Les gens commencent vraiment à regarder pour recommencer à travailler à Montréal», a soutenu M. Mercure.

Le Centre de foires de Sherbrooke dit avoir reçu quelques demandes pour organiser des événements dans la foulée des nouvelles règles permettant la présence de 250 personnes.

En entrevue, son directeur Paul Beaudoin a indiqué que dernièrement, le centre n’a accueilli que des camps de jour.

«Depuis vendredi, il y a un certain nombre de gens qui ont téléphoné pour voir la disponibilité et faisabilité d’activités», a-t-il relaté.

Impacts économiques considérables

Comme tous les secteurs de l’économie, le tourisme engendré par les congrès a été frappé de plein fouet par la pandémie.

Au Centre des congrès de Québec, on estime que les pertes financières seront de 50 millions $ pour les hôtels et une trentaine de millions $ pour les restaurants et boutiques environnants.

À Montréal, M. Mercure ne veut pas avancer de chiffres car cela dépendra beaucoup des activités de l’automne.

«C’est sûr qu’on a perdu plus que 60 événements. On était alignés pour avoir une année record à Montréal cette année», a-t-il soutenu, ajoutant que les affaires pourraient finir par mieux aller si les activités redémarrent cet automne.

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