Ratés de la DPJ: Une commission d’enquête a 18 mois pour trouver des solutions

QUÉBEC — La commission d’enquête ayant reçu le mandat de proposer une refonte en profondeur du système de protection des enfants vulnérables a 18 mois pour mener à bien sa tâche, qui s’annonce colossale.

Mais ce qui importe, c’est «de regarder les problèmes en pleine face», a commenté le premier ministre François Legault, en rendant public le mandat de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, en conférence de presse, jeudi.

Les travaux de la commission seront présidés par l’ex-syndicaliste Régine Laurent, qui s’est assurée d’avoir les coudées franches, ayant obtenu un mandat très large qui lui permettra d’examiner le problème sous toutes ses coutures.

«Je veux que les choses changent», a commenté Mme Laurent, qui dit avoir reçu du premier ministre l’assurance que son rapport ne serait pas tabletté et que sa commission jouirait d’une indépendance totale du gouvernement.

«Je refuserai que nos enfants soient tablettés», a observé l’ancienne présidente de la FIQ, le syndicat des infirmières, qui promet de «lever toutes les pierres» pour mieux protéger les enfants à risque.

Il faut qu’il y ait un «avant» et un «après», a indiqué le premier ministre Legault, en faisant référence au décès tragique d’une fillette de Granby, morte il y a un mois à la suite des sévices subis dans sa famille, malgré le fait que sa situation était bien connue de la Direction de protection de la jeunesse (DPJ) de l’Estrie.

De tels drames ne doivent pas se répéter, a ajouté Mme Laurent.

Pour mener à bien ses travaux, Mme Laurent sera entourée de deux vice-présidents, l’expert André Lebon et l’avocat Michel Rivard, de quatre députés représentant les différentes formations politiques — Hélène David (PLQ), Lorraine Richard (PQ), Sol Zanetti (QS) et Lise Lavallée (CAQ) — et de cinq experts qu’il reste à recruter.

D’après les commentaires entendus en conférence de presse, il faut s’attendre à des changements majeurs dans les années à venir quant aux moyens déployés pour protéger les enfants en difficulté.

La commission devra formuler des recommandations relatives à l’organisation et au financement des services de protection de la jeunesse, examiner les pratiques professionnelles des intervenants, questionner le mode de fonctionnement des tribunaux, tout en proposant au besoin un nouveau cadre législatif.

Le premier ministre Legault et le ministre responsable de la DPJ, Lionel Carmant, se sont défendus de ne pas être intervenus plus tôt.

«On a vu tout de suite en arrivant (au gouvernement) qu’il y avait un problème. On savait qu’il y avait un problème de ressources. On savait qu’il y avait un problème de listes d’attente», a reconnu le premier ministre.

La tragédie de Granby aura été un électrochoc: «On s’est rendu compte encore plus depuis le drame de Granby que le problème était plus grave et qu’il ne se limitait pas à la DPJ», a-t-il ajouté, convaincu qu’il fallait voir «l’ensemble du problème». 

Au total, selon les données les plus récentes, 3300 enfants étaient en attente d’une évaluation de la DPJ.

Le nombre de signalements à la DPJ est en hausse constante: on en a compté 100 000 en 2017-2018.

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