Réconciliation: le départ de Wilson-Raybould ne nuira pas, pense Michèle Audette

OTTAWA — La démission de Jody Wilson-Raybould du conseil des ministres de Justin Trudeau ne plombera pas les efforts de réconciliation avec les peuples autochtones, croit Michèle Audette.

Le départ de celle qui était la seule Autochtone à la table du cabinet est certes «symbolique», mais le présenter comme un point de rupture dans le processus de réconciliation est inadéquat, a-t-elle argué.

«Moi je pense que c’est faux de dire ça, parce qu’il y a des milliers de gens qui font de belles choses dans les communautés autochtones, dans les organisations, dans les mouvements sociaux pour tendre la main à la société canadienne», a soutenu Mme Audette en entrevue.

«Ça n’a rien à voir avec M. Trudeau, rien à voir avec Mme Wilson-Raybould. (…) Je ne veux pas leur donner à tous les deux ce pouvoir-là», a enchaîné celle qui est commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Le faire serait d’occulter tout le travail qui se fait dans les autres sphères que la politique. «Il y a de belles choses qui se passent qui pour moi sont des preuves vivantes d’une réelle réconciliation», a exposé Mme Audette.

Son point de vue diffère de celui d’autres leaders autochtones ayant fait valoir que le départ de Jody Wilson-Raybould laissait présager des lendemains difficiles pour la réconciliation entre le gouvernement canadien et les peuples autochtones.

L’ancienne ministre de la Justice et procureure générale du Canada, qui avait été mutée aux Anciens Combattants lors d’un remaniement en janvier dernier, a claqué la porte du conseil des ministres mardi dernier.

Elle a démissionné dans la foulée d’allégations voulant que le bureau du premier ministre aurait exercé des pressions sur elle afin qu’elle évite un procès à SNC-Lavalin. Ces informations rapportées dans le Globe and Mail ont été niées en bloc par Justin Trudeau.

Dans la même catégorie