Reconnaissance des partis: 14 députés indépendants, ce serait le «bordel», dit Massé

QUÉBEC — Forcer les 11 députés de Québec solidaire (QS) et les trois députés du Parti québécois (PQ) à siéger comme indépendants paralyserait l’Assemblée nationale, prévient à son tour Manon Massé.

Ce serait le «bordel», s’est exclamée la co-porte-parole de QS en entrevue avec La Presse Canadienne mercredi, à la veille du premier caucus du parti qui se tiendra jeudi à Sherbrooke. 

Mme Massé en a appelé au «sens des responsabilités» de la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, afin qu’elle reconnaisse QS et le PQ comme groupes parlementaires.

Selon QS, c’est l’occasion pour Mme Anglade de prouver que son style de leadership est véritablement «positif» et «rassembleur», comme elle s’en était vantée en campagne électorale.

La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault s’est quant à elle déjà montrée ouverte à reconnaître QS et le PQ comme groupes parlementaires et à leur accorder ressources et temps de parole.

Pour l’instant, ni le PQ ni QS ne répondent à la définition de groupe parlementaire de l’Assemblée nationale, qui exige d’avoir remporté au moins 12 sièges ou 20 % du vote. 

QS a fait élire 11 députés avec 15,43 % des voix, tandis que le PQ a remporté trois sièges en récoltant 14,61 % des suffrages. Le statut de groupe parlementaire peut toutefois être accordé si tous les partis s’entendent.

«Mme Anglade a quand même eu le moins de votes populaires», a fait valoir en entrevue Manon Massé, rappelant que le PLQ avait réussi à former l’opposition officielle avec 21 sièges, mais seulement 14,4 % des voix.

«Ce qu’elle est en train de nous dire, c’est qu’un Parlement qui est déjà en déséquilibre de démocratie, avec 90 députés d’un bord, qu’à elle seule (…) elle va faire fonctionner le Parlement? 

«Je pense qu’il y a quelque chose qu’elle ne saisit pas, a poursuivi Mme Massé. Si on a 14 députés indépendants, ça va être le bordel et ça, Mme Anglade le sait. Il faut qu’elle arrête cette irresponsabilité.»

Serment au roi Charles III

Par ailleurs, les députés de QS chercheront à «éviter» de prêter serment au roi Charles III, a indiqué Mme Massé. 

Pour siéger au Parlement, les élus québécois doivent obligatoirement prononcer un serment d’allégeance à la couronne britannique et au peuple québécois. 

Mardi, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a demandé à l’Assemblée nationale de pouvoir prêter serment uniquement au peuple québécois.

Mme Massé rappelle que QS avait demandé la même chose en 2018, sans succès. Les élus solidaires avaient donc choisi de prêter serment à la reine en privé, loin des caméras. 

Le parti avait déposé par la suite un projet de loi pour rendre ce serment optionnel, sans qu’il ne soit adopté.

«C’est tellement archaïque, déplore Manon Massé. Si on peut l’éviter, c’est sûr que c’est ça qu’on va faire. On continue d’être en discussion avec le secrétaire général.

«En même temps, on a un devoir face aux électeurs qui nous ont élus pour faire un travail au Parlement», souligne-t-elle.

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